Quand mettre des majuscules : les règles typographiques

 

Librinova vous propose un nouvel article qui aborde cette fois la question de l’emploi des majuscules. …

Avant toute chose, à moins de remplir les bulles d’une bande-dessinée, mettre entièrement en majuscules un mot ou une phrase est formellement déconseillé – pour ne pas dire interdit. Si certaines règles sont évidentes pour tout le monde, les majuscules connaissent leur petit lot d’exceptions à connaître.

 

Les majuscules en début de phrase et après un point

La règle typographique la plus connue : il faut mettre des majuscules à tous les débuts de phrases prennent une majuscule. Attention cependant, la présence d’un point ne marque pas forcément le début d’une nouvelle phrase. Par exemple, les interjections sont le plus souvent suivies d’un point d’exclamation, mais on ne démarrera pas toujours pour autant une phrase après : « Non mais oh ! pour qui il se prend ? »

Autre cas très courant : les incises que l’on trouve dans les dialogues ne prennent jamais de majuscule :
« Quoi ? s’étrangla-t-il.
— Mais puisque je te le dis ! » lui répondit monsieur Truc, qui commençait sérieusement à se lasser.

 

Les majuscules pour les noms propres

  • « Cet homme est un véritable apollon ! » s’exclama le dieu Apollon, très jaloux.
  • Le camembert aurait été inventé à la fin du xνιιιe siècle dans le village de Camembert. On peut l’accompagner d’un verre de bordeaux.
  • « Je n’avais encore jamais lu la Bible, alors je me suis acheté une bible pour remédier à cela », m’expliqua-t-il.

 

Les majuscules dans les titres de civilité

Monsieur, madame, docteur… Les titres de civilité, en général, ne devraient pas prendre de majuscule : le président de la République, le roi de France, madame Machin, saint Gudule…

Mais il y a trois exceptions. Si l’on veut marquer la déférence, qu’elle soit réelle ou feinte (mais ce n’est pas une règle obligatoire) :

  • « Mais Madame est bien gentille avec moi… bien plus que la Duchesse ou le Roi !» lui dit timidement la bonne.
  • « Alors comme ça, Monsieur se croit tout permis ? » rouspéta l’agent de police.
  • S’il s’agit d’une retranscription de lettre : « Chère Madame Machin, », « Monsieur le Maire, ».
  • Si l’on parle du frère du roi (« Monsieur »), de sa sœur (« Madame »), de sa fille (« Mademoiselle »), etc. Mais, à moins d’écrire un roman historique, on ne peut pas dire que ce soit une situation très courante.

À ce sujet, les abréviations de type Mme ou M. sont à éviter autant que possible, sauf retranscription d’un courrier rédigé comme cela.

 

Les majuscules dans les noms de nationalités

Les règles typographiques imposent de mettre une majuscule aux noms de peuples, mais pas aux adjectifs de nationalité, ni les noms de langues. Exemple : Cet homme vit parmi les Français ; et bien que non français, il parle quand même en français.

 

Les majuscules dans les lieux et les institutions

Les lieux et institutions prennent une majuscule au premier substantif qui les qualifie – qui les différencie des autres lieux et institutions – ainsi qu’à tous les épithètes rattachés à ce substantif, mais seulement s’ils le précèdent.

Quelques exemples en vrac : rue du Chat-qui-pêche, école maternelle Jean-Moulin, académie de Toulouse, Corps préfectoral, le Petit Trianon… Les institutions et lieux d’envergure nationale ou internationale, qui sont souvent décrits avec un seul substantif, ne prendront de majuscule qu’à ce substantif, même s’il n’est pas qualificatif a priori : l’Église (catholique), l’Académie (française), la Commission (européenne)…

En effet, la majuscule jouera alors le rôle de qualificatif. Elle confirmera le fait que l’on parle bien de quelque chose de majeur et d’unique, à ne pas confondre avec d’autres institutions ou lieux mineurs et multiples. Idem pour les entreprises : le Crédit agricole, la Compagnie générale des eaux, etc.

 

Les majuscules dans les titres d’œuvres

Les titres d’œuvres, de livres, de journaux prennent une majuscule au premier mot, mais aussi au premier substantif – qu’il soit qualificatif ou non – ainsi qu’aux épithètes et adverbes qui précèdent ce dernier : Le Parisien, Les Trois Mousquetaires, Le Midi libre, À la Recherche du temps perdu, Voyage au bout de la nuit, L’Insoutenable Légèreté de l’être…

Si le titre est construit sur un parallélisme entre deux substantifs, ou s’il est double, la règle sera appliquée deux fois : Le Rouge et le Noir, La Belle et la Bête, Le Mariage de Figaro ou la Folle Journée…

La règle des substantifs ne s’applique pas aux titres commençant par un article indéfini, ni à ceux formant une phrase avec verbe conjugué, ces titres ne prenant qu’une majuscule au début et c’est tout : De l’inconvénient d’être né, J’irai cracher sur vos tombes…

Les sous-titres et autres sous-ensembles d’œuvres ou de journaux que sont les chapitres, les parties, les articles, ne prennent pas non plus de majuscule au premier substantif – on les citera cependant entre guillemets.

Enfin, mais je laisse cela à l’appréciation de chacun : je recommande l’accentuation des majuscules, même si celle-ci fait débat. Cela peut par exemple aider à ne pas confondre le « a » de avoir avec le « à » avec accent grave, ce qui évite bien des confusions.

 

Pour aller plus loin :

Comment écrire les chiffres : les règles typographiques
Ecrire : le syndrome du 2ème chapitre
Faire corriger son livre : pourquoi et comment ?

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