Série de l’été, épisode 1 – Demain, je serai auteur !

Ça faisait un moment que cette idée me trottait dans la tête. Des années que j’en avais envie et que je n’osais pas. Je trouvais mille raisons de reculer : pas le temps, pas l’inspiration, pas le talent… Écrire, c’est réservé aux grands, non ? Aux vrais, aux lettrés, aux autres ! À moi les petits carnets remplis de notes et d’idées, les histoires imaginées et jamais couchées sur papier, les premiers chapitres aussitôt orphelins. Puis cette année, en me promenant au Salon du livre de Paris, entre deux regards mi-envieux, mi-apitoyés aux auteurs semi-inconnus attendant désespérément un lecteur, mon regard a été attiré par une étoile. Certes, elle était bleue et accrochée avec des punaises sur un étrange poteau en bois, mais elle m’a plu (et de toute façon je commençais à m’ennuyer…) alors je l’ai suivie.

Montage créé avec bloggif
Douglas Kennedy et Laure Prételat

En arrivant, je me suis heurté à un homme dont le visage m’était familier. Une jeune femme en polo étoilé s’est approchée de lui et lui a demandé : « on peut faire un selfie ensemble si ça ne vous embête pas Douglas ? ». J’ai attendu à côté dans l’espoir de pouvoir ensuite parler à la jeune femme, mais ledit Douglas ne semblait pas décidé à la lâcher…

Ophélie de dosHeureusement une autre jeune femme habillée de la même façon s’est approchée de moi pour me demander si j’avais besoin de renseignements. J’ai hésité avant de tout lui déballer d’un coup : mon errance dans le Salon, l’étoile bleue, mon envie d’écrire, ma peur de me lancer… Quand j’ai cessé de parler, je l’ai regardée et j’ai constaté, soulagé, qu’elle n’avait pas l’air d’avoir envie de rire ou de se moquer de moi. Elle m’a posé des questions, m’a expliqué ce qu’était « l’auto-édition », donné quelques conseils d’écriture… Puis, alors qu’une marée de jeunes gens déferlait peu à peu sur le stand, j’ai été bousculé par un Pikachu qui se filmait avec un selfie-stick et j’ai décidé que j’avais assez d’informations et qu’il était temps de rentrer chez moi. Ophélie – c’était son nom – m’a donné ses coordonnées et je suis parti avec un nom en tête : Librinova.

En rentrant, j’étais gonflé à bloc : moi aussi j’allais écrire un best-seller à 5000 exemplaires comme Carène Ponte, j’allais publier 10 romans comme Catherine Choupin, signer un contrat avec les éditions Préludes comme Patrick Lecomte, avoir une vidéo avec des milliers de vues sur youtube comme Paul Ivoire, bref : j’allais devenir un auteur et entrer dans la famille Librinova. Mais avant cela, je me heurtais à un problème de taille : je n’avais pas écrit de livre…

 

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Avril est passé : j’ai changé de travail, j’étais débordé, je n’avais pas le temps.
Mai est passé : je suis parti en week-end pour célébrer l’arrivée du printemps.
Juin est passé : j’avais sommeil, la flemme, plus envie de boire l’apéro que de me mettre devant mon ordinateur.
Juillet est arrivé : j’ai décidé qu’il fallait changer ! J’allais profiter de cet été pour écrire mon livre et à la rentrée, je le publierais chez Librinova. J’avais devant moi 5 semaines de vacances – j’ai un métier sympa – c’était le moment. Installé dans la maison de mes parents (sans mes parents) dans le Sud, il était temps, j’avais le temps, ma résolution était prise ! Mais comment, quand on est un flemmard avec une grosse tendance à la procrastination, terminer un roman ? J’ai pris mon carnet flambant neuf, et j’ai noté les règles qui allaient régir ma nouvelle vie.

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Règle n°1 : Écrire tous les jours, sans transiger. Si l’appétit vient en mangeant, l’écriture vient en écrivant !

Règle n°2 : Me lever tôt pour écrire le matin, avant que la maison ne soit réveillée (que les enfants ne sautent dans la piscine, que les amis ne passent prendre l’apéro dès 11h et que le voisin ne se mette à tondre sa pelouse).

Règle n°3 : Me libérer de mes modèles : arrêter de vouloir « écrire comme », laisser libre cours à mon imagination.

Règle n°4 : Perdre le contrôle, ne pas passer trop de temps sur une phrase, un mot : dans un premier temps, je veux un premier jet – pas parfait, mais fini !

Règle n°5 : Assumer que j’écris ! Dire que je vais écrire un roman est le meilleur moyen de m’obliger à le terminer.

Règle n°6 : Faire un plan détaillé de mon livre.

Règle n°7 : Ne pas suivre le plan détaillé de mon livre.

Règle n°8 : Quand je n’écris pas, me détendre, penser à autre chose mais toujours garder un carnet à portée de main au cas où une idée viendrait d’un coup !

J’ai fermé mon carnet, créé un document Word appelé « Roman » sur mon ordinateur, programmé mon réveil pour le lendemain matin… Et je me suis assis au bord de la piscine, les pieds dans l’eau, un verre de rosé dans une main, ma liseuse dans l’autre. Demain, je serai auteur…

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6 commentaires

Publié par Hélène de Montaigu : le 21 juillet 2016

Vraiment drôle. Eh oui ! Ecrire un livre n’est pas une sinécure. J’en sais quelque chose…

Publié par Mélusine Chouraki : le 21 juillet 2016

J’aime beaucoup le fond et la forme de ce texte !
Quant aux règles, je suis tout à fait d’accord, c’est ainsi qu’il faut s’y prendre si l’on veut avoir une chance de devenir écrivain !
Même si, pour ma part, je n’utilise pas un bloc-notes en papier, mais un logiciel de notes sur mon smartphone.

Publié par Choupin : le 22 juillet 2016

J’aime beaucoup ce texte (ainsi que la référence à Catherine Choupin ). je suis d’accord pour toutes les règles, excepté la numéro 5. Je ne dis que j’ai écrit un roman que lorsqu’il est terminé car je crains toujours le démarrage qui fait long feu. Peut-être une superstition semblable à celle de la femme enceinte qui attend d’en être à six mois…

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