Comment s’organiser pour écrire un livre ? Les 4 secrets de Lynda Guillemaud…

Je suis ravie de participer à la série « Conseils d’auteurs à auteurs » de Librinova. Je vais vous parler de l’organisation (mes proches ne trouveront pas ça bizarre du tout  !). Vous avez envie d’écrire, mais vous doutez d’avoir le temps pour cela  ? Découvrez mes conseils d’organisation pour écrire un roman . Rassurez-vous, cet obstacle est surmontable (même si vous n’y croyez pas encore).

 

4 romans en 2 ans : une question d’organisation (et un peu d’expérience…)

Je suis en train d’écrire mon cinquième roman qui est la suite de mon premier roman historique, Le Vent des Lumières, d’abord auto-publié chez Librinova en 2015 et republié par City Editions en juillet 2017 après avoir intégré le Programme Agent littéraire de Librinova. En 2015, j’ai publié mon deuxième roman, Oraison pour une île, et en 2016, deux autres romans : Petite Mouette et Les Ombres de Brocéliande.

Quatre romans en deux ans, c’est beaucoup (et pourtant peu par rapport à certains auteurs qui en sortent cinq ou six par an !). Vous êtes peut-être en train de vous dire que je ne fais que ça, que je n’ai pas de métier à côté, ni d’enfants dont je dois m’occuper. Eh bien, vous avez tort… Je travaille à plein temps comme chargée de communication et de la vie culturelle, je suis mariée, j’ai deux filles et une maison à faire tourner. Je fais aussi des nuits normales et je déteste me lever tôt le matin…  Quel est mon secret pour arriver à écrire malgré toutes ces occupations ? Il tient en un mot : l’organisation (ça tombe bien, c’est le sujet de mon article), mais je vais décliner ce mot en quatre secrets. Vous me suivez ?

 

Secret n°1 : se fixer des échéances et des objectifs d’écriture

Si vous vous levez le matin en vous disant « aujourd’hui, j’écris un roman », sans rien préparer, ça risque de ne pas marcher très longtemps (sauf si vous êtes très doué). On est toujours happé par mille et une choses à faire, par le travail, les enfants, le repas à préparer, mais aussi par un ennemi invisible et très pernicieux : la procrastination (c’est-à-dire l’art de remettre à plus tard ce qu’on peut faire tout de suite). C’est tellement plus tentant de traîner sur Facebook ou Youtube, de regarder la télé, de promener son chien, de prendre un livre, plutôt que d’écrire !

Le cerveau a besoin d’être un peu discipliné ; j’ai remarqué par exemple que je travaille mieux quand je me fixe des échéances. Pour mon prochain roman, après une intense concertation avec moi-même, j’ai décidé de le publier avant l’été 2018 (disons fin juin). C’est une première étape, mais qui ne suffit pas pour être efficace, car justement on peut se dire « oh, fin juin, j’ai le temps! ». C’est là le piège. Passons donc au conseil n°2.

 

Secret n°2 : faire un calendrier éditorial

Notez que je n’invente rien avec cette démarche, c’est juste une adaptation de la méthodologie de gestion de projet, beaucoup utilisée dans le milieu professionnel. Dans la démarche de projet qui aime les mots en anglais, c’est le rétro-planning. Le calendrier éditorial se construit à l’envers, en partant de la date de publication, en procédant ainsi :

  1. Découpez l’écriture du roman en plusieurs étapes (c’est la méthode du saucisson : tout manger d’un coup, c’est un peu compliqué, par contre en petites tranches à l’apéro, ça passe tout seul). Avec l’écriture du roman, c’est la même chose : une étape après l’autre.
  2. Evaluez le temps à passer sur chaque étape. Cela suppose de bien se connaître (inutile de prévoir un mois pour la rédaction de 50.000 mots si vous savez que votre rythme moyen est plutôt de 10.000 mots/mois). Votre calendrier doit aussi être souple pour tenir compte des imprévus.
  3. Enfin, remontez à rebours à partir de la date de publication et calculez les dates butoir pour chaque étape

Mon exemple de calendrier éditorial :

Pour mon prochain roman, voilà ce que donne mon calendrier, sachant que mon roman final fait environ 150 000 mots (c’est un roman historique, ce qui explique la place importante des recherches documentaires). Attention, ce n’est pas un modèle universel à suivre absolument, c’est juste un exemple pour vous donner une idée.

 


Etape Durée Echéance
Recherches documentaires éventuelles et élaboration du scénario/du plan3 à 6 mois, en fonction du projetJanvier à juin 2017
Ecriture du premier jet4 mois, sachant que je peux tourner à 50 000 mots / mois, mais je prévois une marge Août à Novembre 2017
Repos du texte (c’est comme la pâte à pain, ça doit prendre le temps de lever et de fermenter…)3 semaines à 1 moisDécembre 2017
Première relecture pour :
- noter les choses à revoir et corriger les grosses erreurs
- remettre au propre le plan par rapport au plan initial, restructurer éventuellement
- identifier les recherches documentaires à faire en plus
1 moisJanvier 2018
Première réécriture pour :
- corriger les incohérences mises en lumière par la restructuration
- intégrer les infos des éventuelles recherches documentaires complémentaires (à faire en parallèle)
1 moisFévrier 2018
Bêta-lecture (envoi à des lecteurs test qui donnent leur avis et leurs corrections)6 semainesMars à mi-avril 2018
Corrections et réécriture2 à 6 semaines en fonction des retours des bêta-lecteurs (c’est là que le calendrier peut-être revu en profondeur si l’on se rend compte qu’il y a beaucoup de choses à revoir).Mi-avril à fin mai 2018
Dernière relecture de forme et de fond, mis en page.
Parallèlement, communication sur le lancement du roman.
1 moisJuin 2018
PublicationJour JFin juin 2018

Evidemment, ce calendrier, c’est vous qui le construisez, en fonction de votre rythme d’écriture, de votre temps disponible, de vos contraintes… Mais poser des dates butoir et des étapes, ça permet de visualiser l’évolution dans le temps et de mesurer si on est en retard ou en avance sur les échéances.

 

Secret n°3 : se réserver du temps pour l’écriture

J’imagine que vous vous dites, en me lisant : mais comment tu fais pour réussir à faire tout ça en continuant à travailler ? J’aimerais bien, un jour, faire de l’écriture mon activité principale, j’y travaille, mais c’est une autre histoire… En attendant, effectivement, j’ai dû caser cette activité dans mon emploi du temps.

Si comme moi vous aimez vraiment écrire, trouver du temps ne vous posera normalement pas de problèmes : ça sera aussi naturel que de trouver le temps pour prendre une douche, manger ou lire. Le temps, vous l’avez. Tout le monde dispose de 24 heures dans une journée, c’est la manière dont on occupe ces 24 heures qui change tout. Moi, j’ai choisi de garder la plupart de mes soirées pour écrire (ou en tout cas faire quelque chose en rapport avec mes romans : de la promotion, des recherches, de l’écriture pure, des corrections, etc.) : cela me fait environ deux à trois heures par jour. Cela ne m’empêche pas de faire de temps en temps des soirées-canapés à regarder un film en famille, sortir avec des amis, aller me promener, etc.

Vous allez me dire : mais moi je n’ai pas deux à trois heures par jour le soir ! Bon, si vous avez trois enfants en bas âge, je veux bien le comprendre (et encore). Moi non plus je ne les avais pas, au départ. Ce qu’il faut comprendre, c’est que personne ne m’a donné la possibilité d’avoir ces deux-trois heures par jour : c’est moi qui aie choisi de me les garder. Marièke Poulat a écrit sur son blog «Mécanismes d’histoires » un excellent texte sur ce sujet : elle explique que si l’on veut vraiment écrire un roman, il faut faire de l’écriture une priorité. Là, ce n’est plus une question d’organisation, c’est une question de perception. L’écriture ne sera alors plus une occupation que l’on fait « quand on a le temps » mais une vraie activité pour laquelle on se réserve du temps. Dans les livres de développement personnel, on croise souvent cette expression : prendre rendez-vous avec soi-même. Pour l’écriture, c’est pareil : on se fixe un créneau, comme pour aller chez le médecin, chez le coiffeur ou à sa séance de sport. Au moment où j’écris cet article, par exemple, j’avais bloqué deux heures dans mon après-midi de RTT pour ça et j’avais inscrit dans mon agenda : « 14h-16h : rédaction article Librinova ». Tout ça au milieu de choses moins glamour du style « faire une lessive », « prendre rendez-vous dentiste » et « nettoyer le frigo »…

 

Secret n°4 : être souple et ne pas oublier de se faire plaisir

Eh oui, tout ce programme titanesque et cette organisation au millimètre près peuvent faire peur, surtout si ce n’est pas dans votre nature de planifier des choses. Mais, rassurez-vous, si j’adore mettre en place des calendriers et des plans d’actions, je suis aussi spécialiste pour ne pas les suivre au pied de la lettre ! Simplement parce que l’écriture reste un plaisir, et il faut que cela reste un plaisir : si vous y mettez trop de contraintes, le plaisir se transformera en corvée.

Le calendrier que je vous ai proposé plus haut, par exemple, a déjà été révisé deux ou trois fois pour ajuster les délais : la réécriture peut prendre trois mois au lieu d’un, la documentation un an et non six mois… Ce n’est pas grave en soi, l’essentiel c’est d’avancer vers votre objectif final : écrire votre premier roman.

Alors, vous êtes prêts ? On y va ?

 

Lynda Guillemaud, romancière

En savoir plus sur mon univers littéraire et artistique : http://espacedudehors.wordpress.com

 

Pour aller plus loin :

  Pourquoi participer à des concours d’écriture ? 

→ Les lieux les plus inspirants pour écrire 

→ Écrire un livre : les conseils pour réussir son projet 

1 commentaire

Publié par Astrid Stérin : le 16 février 2018

Très bel article ! Je pense qu’on a tous en tête l’importance de s’organiser et de se réserver activement du temps, sans se contenter d’attendre qu’il se dégage tout seul … Mais le quotidien a le don de reprendre insensiblement toute la place. Merci, donc, pour ce rappel de ce qui est important 🙂

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