« Prétentieuse », « cirque médiatique », « surchargée »… Les lecteurs aiment-ils vraiment la rentrée littéraire ?

En tant qu’acteur de l’édition, la rentrée littéraire est un moment important pour nous, chez Librinova. L’édition est au cœur de l’actualité, on découvre de nouveaux auteurs, on retrouve ceux qu’on apprécie…  Mais chaque année, des voix – dont la nôtre – s’élèvent aussi pour dénoncer l’overdose de parutions de titres en septembre (560 en septembre 2016), l’absence de diversité des auteurs de la rentrée (66 premiers romans et beaucoup de poids lourds littéraires), l’omniprésence de certains dans les médias.

 

Cet été, nous avons donc décidé de laisser la parole aux principaux concernés : les lecteurs.  Que pensent-ils de la rentrée littéraire ? Achètent-ils plus de livres à cette période ? Les prix les influencent-ils ? Leurs réponses, tout en nuances, sont un plaidoyer pour la découverte de nouveaux talents, la liberté de lire quand on en a envie et l’échange entre lecteurs comme moyen de promouvoir un livre.

 

La rentrée littéraire, un rendez-vous médiatique qui déçoit les lecteurs

Les lecteurs sondés par Librinova sont de gros lecteurs : 52% d’entre eux lisent plus de 15 livres par an. Une population intéressée par la littérature donc et qui devrait être particulièrement sensible à cet événement majeur qu’est la rentrée littéraire. Pourtant, on se rend vite compte qu’elle n’intéresse réellement que 21% des sondés, quand 44% la suivent de loin et 35% annoncent ne pas s’y intéresser du tout.

 

Plusieurs raisons expliquent ce désintérêt pour la rentrée littéraire : « Je lis en fonction de mes envies et non pour des effets de mode ou d’actualité », « Je ne lis pas plus parce que c’est la rentrée littéraire « des journalistes » », « J’ai l’impression que ce qui est primé ne me correspond pas », « C’est trop convenu ! Pas assez de nouveautés ! ». Le grand nombre de livres qui sortent au même moment semble noyer les lecteurs (30% trouvent que trop de livres sortent à cette période), si bien qu’ils se désintéressent de l’événement, par ailleurs souvent décrit comme « trop élitiste » et « peu varié ». Pour 25% de nos sondés, les médias se concentrent trop sur les mêmes auteurs à cette période.

 

Pourtant, ils sont aussi nombreux à parler avec enthousiasme de ce rendez-vous annuel, « promesse de belles découvertes littéraires », « moment très riche où les auteurs sont mis en avant » et « occasion de découvrir de nouvelles pépites ». Le cœur du sujet est bien là : les lecteurs ont envie de découverte.

 

Découvrir de nouveaux auteurs : une envie forte des lecteurs

Les lecteurs sont infidèles ! Plus de la moitié assurent que l’auteur n’est pas un critère essentiel dans le choix de leur prochaine lecture. Une bonne nouvelle pour les primo-romanciers et autres auteurs en herbe car 97% de nos sondés ont acheté un livre d’un auteur qu’ils ne connaissaient pas dans les 12 derniers mois. Une envie d’entendre de nouvelles voix mais aussi d’avoir des lectures variées, et d’alterner entre auteurs renommés dont ils aiment suivre l’évolution et belles découvertes.

 

Un désir qui ne nous a pas surpris chez Librinova : alors que nous ne publions que des auteurs peu ou pas connus, certains rencontrent un franc succès auprès des lecteurs et vendent leurs livres à plusieurs milliers d’exemplaires. Car la rencontre entre un livre et ses lecteurs ne nécessite pas forcément des centaines d’articles ou une présence en tête de gondoles : les critères de lectures sont divers et parfois inattendus.

 

2/3 des lecteurs plébiscitent la recommandation d’un proche : le bouche-à-oreille est une réalité et il permet à des auteurs moins médiatisés d’émerger. Nul doute que les réseaux sociaux et les commentaires laissés sur les sites libraires jouent également un rôle important. Les médias n’arrivent qu’en quatrième position (tout de même cités par 43% des lecteurs), derrière le résumé (67%) et l’auteur (52%). Étrangement, les prix littéraires sont les derniers de la liste, plébiscités par seulement 12% des lecteurs.

 

Les prix littéraires n’influencent pas les lecteurs

Dès septembre, avec la rentrée littéraire, démarre la saison des prix littéraires. Du Prix Femina – qui sera remis le 25 octobre 2016 – au fameux Prix Goncourt – annoncé le 3 novembre – en passant par le Renaudot, le Médicis et le Prix de l’Académie française, ces récompenses prestigieuses donnent un coup de projecteur sur les auteurs et leurs livres. En moyenne, un roman primé au Prix Goncourt se vend à 395.000 exemplaires selon l’institut GFK. Pourtant, les lecteurs interrogés par Librinova sont plus de 90% à se dire « peu ou pas influencés par les prix littéraires ». Une explication plausible se dessine : c’est moins le prix que la visibilité donnée au livre qui permet cette augmentation sensible des ventes.

 

La parole donnée aux lecteurs a ceci de rassurant qu’elle montre leur attachement à la lecture, à la découverte de nouveaux auteurs et leur envie de choisir leurs lectures en toute liberté, loin des tendances et de l’influence des médias.

 

Une liberté que nous défendons chez Librinova en permettant à tous les auteurs d’accéder à un lectorat. Comme les auteurs, les lecteurs aspirent à l’indépendance, une bonne nouvelle pour la diversité littéraire !

 

2 commentaires

Publié par jeanfrancoisjfmamoreau : le 10 septembre 2016

Il y a tant de livres passionnants que je ne peux lire autrement que par les citations des critiques littéraires et ce, tout au long de l’année! Impossible de les acheter tous, d’autant plus que beaucoup sont écrits en anglais, en espagnol, en italien… Alors oui, la rentrée littéraire ne m’intéresse pas plus que ça.

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