Quelle est la recette du succès pour faire connaitre son livre selon Ségolène Bourlard, auteure Librinova ?

Nous inaugurons une nouvelle série d’articles sur le blog : les conseils d’auteurs aux auteurs. En effet, nous avons constaté que nos auteurs aimaient partager leur expérience et leurs compétences pour aider d’autres à se lancer dans l’auto-édition. Comment mieux promouvoir son livre ? Comment s’organiser pour écrire ? Peut-on vivre de l’auto-édition ? Voilà les types de sujets que nous aborderons. Auteurs Librinova, si vous avez envie de témoigner, n’hésitez pas à nous contacter !
La série débute avec Ségolène Bourlard, que nous avons sollicitée après avoir découvert son plan marketing de lancement de son livre, qui nous a impressionné par son professionnalisme – elle n’a pas fait un école de commerce pour rien… Elle vous livre ici son témoignage.

 

Je ne sais pas quelle est la recette du succès et si elle existe, mais si c’était le cas, elle se composerait selon moi de trois éléments : le talent, le travail et la chance. Le talent, on l’a ou on l’a pas mais même si on n’est pas Donna Tartt ou Margaret Atwood, on peut jouer sur les deux autres éléments : le travail et la chance (parce que la chance, ça se provoque!).

Ma chance a été le concours « Faits divers et histoires diverses » organisé par Librinova dont j’ai été lauréate. Le travail ce sont les heures passées à écrire, à s’échiner à trouver le temps et la motivation pour terminer mon histoire. C’est aussi avoir su bien m’entourer : notamment du groupe des SousInfluencers (personnes qui suivent mes écrits depuis quelques mois et qui sont (presque) aussi motivées que moi pour que le projet aboutisse) ainsi que de Cyntia Bertacchini (celle qui a réalisé la couverture, le trailer, qui m’aide pour la stratégie de communication tout simplement parce qu’au delà d’être une amie, elle croit en mon projet).

En ce qui concerne la promotion de mon livre, j’ai laissé peu de place au hasard et beaucoup au travail ! Je vous propose de partager avec vous mon plan de lancement.

 

 

1. Fixer ses objectifs concernant son livre

Il est nécessaire, avant de se lancer, de savoir où l’on veut aller et l’objectif que l’on se donne. Moi, clairement, mon objectif est d’atteindre les 1 000 ventes et d’entrer dans le programme Agent Littéraire. C’est important de se le dire, de se l’écrire. Il est essentiel d’être honnête avec soi-même, de peser le pour et le contre et de déterminer son objectif afin de pouvoir le réaliser. Pour cela, il faut s’organiser en amont concernant la promotion de son livre, comme lorsque l’on se lance dans un projet d’entreprenariat.

C’est ainsi qu’avec l’aide de Cyntia, et les conseils de l’équipe de Librinova j’ai élaboré mon Marketing Mix, c’est à dire les quatre axes du marketing qui permettent de vendre au mieux son livre.

 

2. Définir le marketing mix de son livre

Le Produit et les vertus du retro-planning

J’ai remporté le concours début septembre et je me suis donné deux mois pour finaliser mon texte et parfaire l’élaboration de mon livre. J’avais choisi pour date de parution le 25 novembre et je voulais me laisser une quinzaine de jours de battement pour être sûre de respecter mes délais au cas où il y aurait un imprévu. Je crois qu’il est essentiel de passer du temps sur la relecture, les corrections et se laisser également le temps de réflexion afin de pouvoir faire preuve de recul par rapport à son texte.

C’est la raison pour laquelle j’ai parlé de mon projet à deux amies, respectivement correctrice et éditrice, afin que l’on puisse revoir ensemble mon texte sans précipitation. Ces deux étapes sont nécessaires puisqu’il s’agit d’une question de respect envers le lecteur de proposer un ouvrage sans fautes ni incohérences. J’avais donc défini des deadlines très claires : le 31 octobre afin de finaliser le texte, choisir le titre et rédiger mon résumé.

Au-delà du texte en lui-même, il fallait également créer une couverture pour mon livre. J’avais gagné la conception de la couverture par Librinova suite au concours mais j’ai la chance d’avoir une amie graphiste avec laquelle j’ai pu longuement échanger sur mon projet et en quelques heures de Photoshop et d’esquisses plus ou moins réussies nous avons abouti à une première version. Il fallait garder à l’esprit plusieurs contraintes (que vous pourrez retrouver dans la FAQ de Librinova comme : la lisibilité du titre, du nom de l’auteur, acheter les droits pour les images, créer une couverture qui corresponde à l’univers du livre. Pour cela je vous conseille d’aller faire un tour sur GoodReads afin de vous donner des idées de « ce qui se vend » dans le même style que votre livre). L’avantage de faire soi-même la couverture est non seulement d’avoir un contrôle total sur le processus mais également de pouvoir créer une charte graphique cohérente autour de votre produit. Par exemple, après avoir créé la couverture nous avons pu réaliser les visuels sur les réseaux sociaux et également le trailer.

Créer le trailer a été une expérience extrêmement enrichissante : presque 8/10 heures de travail pour 45 secondes de vidéos. Il fallait trouver la musique qui rendrait compte de l’ambiance du livre, choisir le message, le texte, en dire assez pour donner envie mais pas trop pour garder le suspense. Un exercice assez délicat en somme mais qui s’avère payant pour se démarquer de la concurrence.

Ces étapes-là ont été essentielles dans ma démarche puisqu’elles m’ont permis d’avoir un fil conducteur. Certaines étapes ne dépendant pas de moi (la partie correction/édition), j’ai pu en profiter également pour réfléchir aux autres points du marketing mix : le prix et la promotion (la distribution étant entièrement gérée par Librinova).

 

La Distribution et l’enjeu des précommandes

Elle est entièrement gérée par Librinova. Mon livre est présent sur les librairies en ligne partenaires de Librinova (Kobo, Amazon, etc).
Je souhaite néanmoins rajouter un point sur la distribution suite à une discussion que j’ai pu avoir avec Charlotte et Anaïs lors d’un échange de mails. Elles m’ont proposé de mettre en place des « précommandes » sur les sites marchands. Cela permet aux futurs lecteurs d’acheter le livre avant la date de sortie et d’être débités et avoir accès au livre uniquement à la date officielle de sortie. Sous Influence a donc été disponible en précommande dès le 13 novembre (soit douze jours avant la date officielle de parution).
Quel est l’intérêt de cette démarche ? Cela permet de commencer la promotion plus tôt et donc de créer un effet d’attente auprès des lecteurs potentiels. De manière tout à fait commerciale, on peut également gagner des places dans le référencement (et donc en visibilité) dès le jour de la sortie sur des sites comme Amazon (de même qu’avec le nombre de commentaires et des notes accordées à votre livre).
Attention, à noter que vos lecteurs ne pourront renseigner des notes/commentaires qu’à partir de la date effective de parution de votre livre !

 

Le juste prix

Quel est le juste prix pour votre livre ? Il est nécessaire de faire une étude comparative de la concurrence et pourquoi pas de demander l’avis de Librinova dont c’est quand même le métier et qui saura vous apporter des conseils avisés. Pour ma part, j’ai choisi de publier Sous Influence à 3,99€ sur les conseils d’Ophélie, ce qui reste un prix relativement abordable et de « curiosité ». L’idée étant que le prix ne soit pas une barrière à l’achat.

En ce qui concerne les promotions, il faut envisager l’option mais ne pas oublier qu’une promotion doit être bien relayée pour être efficace !

 

La promotion et création d’une communauté autour de l’univers de son livre

C’est peut-être la partie la plus compliquée à mettre en place puisqu’il s’agit de « vendre » votre projet à des personnes qui vous connaissent… mais aussi à des personnes qui ne vous connaissent pas et qui n’achèteront pas votre livre pour vous faire plaisir.

Lorsque j’ai eu l’idée de Sous Influence, j’ai très vite su que j’allais faire un roman de mon idée mais je savais également qu’il faudrait avoir le soutien de mes amis pour m’obliger à aller jusqu’au bout et ne pas abandonner en cours de route. J’ai donc pris le parti de créer un groupe Facebook pour une dizaine d’amis (bienveillants mais critiques !) sur lequel je posterai mes chapitres au fur et à mesure. Avec du recul, c’était essentiel parce que cela m’a permis de créer une petite communauté soudée autour de ce projet. Ces earlybirds ont pu découvrir toutes les étapes de création au jour le jour. Ils m’ont donné leur avis sur les différentes versions de la couverture, ont voté pour mes idées de goodies etc. Au-delà d’avoir une petite communauté d’amis lecteurs autour de soi (ce qui fait toujours plaisir), cela permet surtout d’avoir des ambassadeurs, c’est à dire des personnes qui feront la promotion de votre livre et revêtiront la casquette « d’attachés de presse » au sein de leurs propres réseaux parce que votre projet sera aussi leur projet.

J’insiste beaucoup sur le fait de bien s’entourer et de faire appel à votre réseau parce que c’est la première étape pour faire vos premières ventes et créer un effet boule de neige. Au-delà de mes ambassadeurs, j’ai évidemment parlé de mon projet à ma famille, à mes amis, à la promo de mon école, à mon réseau LinkedIn, aux personnes qui suivent mon blog Le Petit Crayon… à tout le monde en fait ! Il ne faut négliger aucune piste. Au-delà du bouche à oreille, il faut aussi savoir « provoquer la chance » et essayer d’en parler à des réseaux qui vous offriront de la visibilité (ceux que j’appelle les Influencers, sans rapport avec le titre de mon livre !) : les blogueurs littéraires, le journal de votre ville, votre bibliothèque, votre libraire…

Evidemment, tout ceci nécessite un peu de préparation parce que, aussi sincère que soit votre démarche, elle doit surtout être réfléchie. Concrètement, j’ai commencé par m’inspirer de ce qu’avaient fait… les autres auteurs Librinova qui ont réussi comme Carène Ponte, Marilyse Trecourt ou encore Paul Ivoire !

Tout d’abord j’ai créé mes profils « auteur » sur les réseaux sociaux (Facebook et Twitter). L’enjeu ici est de trouver des idées pour alimenter vos pages régulièrement avec un contenu qui soit à la fois pertinent et varié (les annonces concernant les paliers de ventes, petits articles feel good relayés par mon blog « Vis ma vie d’Apprentie Auteur » etc).

Ce qui est fondamental à mon avis dans la communication sur les réseaux sociaux c’est la sincérité de votre démarche. Essayez de ne pas jouer un rôle qui n’est pas le votre parce que ce n’est pas une stratégie viable à long terme.

Au-delà de la communication sur les réseaux sociaux qui relève bien souvent du bon sens, il est aussi nécessaire de mener une stratégie plus commerciale pour vous faire connaître : cela passe par l’analyse de vos chiffres de ventes (cf l’onglet suivi des ventes sur le site de Librinova) et le débrief de ces derniers avec l’équipe de Librinova afin d’ajuster votre stratégie si besoin est. Cela passe également par la recherche de financements pour proposer d’autres contenus à vos lecteurs et créer une communauté autour de votre univers : via des concours, des paliers à atteindre en fonction du nombre de ventes/de likes sur votre page etc. À titre d’exemple, j’ai commencé à établir une liste de goodies et suis actuellement en train de prospecter des partenariats pour m’aider à les financer (étant dans l’univers des Thrillers je pensais par exemple à des entreprises d’événementiel proposant des Escape Games, Murder parties etc).

 

L’essentiel finalement pour gérer son marketing mix de manière optimale est d’être organisé, de se faire un planning, de s’y tenir mais aussi d’être entouré par une équipe motivée qui partage votre objectif. Ce processus est assez chronophage (8/10 heures par semaine a minima) mais le jeu en vaut la chandelle, non ?

 

3. En un mot: la détermination

Finalement, écrire un livre ce n’est peut-être que 40% du travail. Il ne faut pas négliger la promotion parce qu’il serait vraiment dommage que votre livre ne soit lu que par votre cercle de proches (sauf si c’est ce que vous recherchez et il n’y a aucun problème à cela). En un mot, je dirai que l’important c’est la détermination, la détermination, la détermination. Si vous voulez vraiment vendre votre livre, si vous y croyez alors les autres y croiront et vous réussirez! J’en suis convaincue !

 

Ségolène Bourlard

 

Pour aller plus loin :

→ Participer à des concours d’écriture, la clé du succès ?

→ Comment se faire connaître en tant qu’auteur autoédité ? 

→ Découvrez la première interview de Ségolène sur son blog

 

2 commentaires

Publié par Mathieu Catherine : le 13 décembre 2017

Merci pour ces bons conseils qui rappellent qu’en effet, faire connaître son livre nécessite de l’énergie, des idées et de la persévérance !
Merci donc Ségolène Bourlard de nous rappeler combien la détermination est importante ! 😊

Publié par Reverine : le 15 décembre 2017

Je comprends bien la chance, le travail et le talent, mais du coup, tu n’as pas cité un 4ème élément alors que tu y fais mention tout le long : l’entourage ! Tu sembles bien entourée, des gens croient suffisamment en toi pour y consacrer bien du temps, ça c’est super cool !

Combien d’autopubliés ne sont pas seuls face à leur promo à effectuer, proposant leurs livres eux-mêmes partout en faisant presque pitié, lorsqu’ils en sont à leurs 12ème partages de lien « je te présente mon bouquin » ?
On le sait, quand on le présente soi-même, ça fonctionne moins bien que si un ami présente notre oeuvre et dit « oh c’est cool ce livre, découvrez-le ! »

Il y a des choses citées ici que je suis incapable de faire seule, j’avoue ! X)

Mais je te rejoins sur plusieurs points et merci de nous avoir consacré du temps dans cet article 🙂 !

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