Comment écrire un best-seller ? Les secrets des auteurs à succès révélés dans le « Bestseller code »

Pendant les fêtes de fin d’année, Andrea a travaillé pour vous, chers auteurs.  Elle s’est plongée dans un document étonnant et passionnant en anglais, intitulé The Bestseller Code : Anatomy of the Blockbuster Novel (Le Code des livres à succès : L’Anatomie d’un roman best-seller). Un duo d’auteurs, Jodie Archer, ancienne éditrice de Penguin et collaboratrice chez Apple, et Matthew Jockers, Professeur de lettres modernes spécialisé dans l’intelligence artificielle ont développé des algorithmes qui nous permettent de décortiquer les points communs entre les livres qui arrivent au sommet des ventes. Les recherches menées sont très anglo-américaines mais l’«ADN» du best-seller qu’elles décrivent contiennent des conseils d’écriture pertinents pour tout romancier, littéraire ou populaire.

Le livre n’est pas disponible en français mais don’t worry, elle va vous en révéler les points clés.

 

Pour écrire un best-seller : s’adresser avant tout aux émotions du lecteur

Quand 50 nuances de Grey (Editions JCLattès) est paru, on était nombreux à médire et à critiquer ses incohérences (Comment Anastasia peut-elle faire des études sans ordinateur portable ? Et avoir de multiples orgasmes lors de sa première expérience sexuelle ? Mouais… Comment Christian peut-il être self-made milliardaire à 25 ans ?). Le secret de ce best-seller aux centaines de milliers de lecteurs est qu’il parle aux émotions et aux cinq sens. Alors que les chroniqueurs et critiques littéraires favorisent les connaissances sociopolitiques et l’exactitude des propos, le grand public favorise le plaisir incarné, des livres qui contiennent des déclencheurs émotionnels et viscéraux.

50 nuances a également réussi un autre ingrédient clé : l’équilibre des réponses émotionnelles positives et négatives. E.L. James alterne les types d’émotions avec une telle régularité que le lecteur vibre en rythme avec sa prose comme s’il était en boîte.

Janice Radway, Professeur de lettres, spécialisée dans la littérature grand public, cite Proust (cocorico !) qui appelait la lecture « le miracle de communication au milieu de la solitude », et évoque la capacité des livres populaires à permettre au lecteur de se dissoudre dans un récit, de devenir quelqu’un ou quelque chose qu’il n’est pas d’habitude et d’investir les pensées d’autres que les siennes.

Voilà donc quelques éléments communs aux livres qui plaisent aux lecteurs, d’E.L. James à Umberto Eco, en passant par Stieg Larsson, James Patterson, Stephen King, Tom Wolfe et George R. R. Martin.

 

 

5 conseils clés pour écrire un best-seller

La construction idéale de l’intrigue d’un roman à succès : 3 parties et 7 schémas possibles

Les algorithmes nous révèlent que les grands best-sellers ont de nombreux points communs. Deux seuls thèmes composent un tiers du livre et il n’y a en général que trois thèmes majeurs. Les intrigues suivent 7 schémas généraux, avec une structure le plus souvent en trois parties :

  1. Un mouvement progressif d’une période difficile vers une période plus heureuse (Blanche-Neige)
  2. Un mouvement progressif d’une période heureuse vers une période plus difficile (Le Diable s’habille en Prada de Lauren Weisberger)
  3. Le roman initiatique ou de la misère à la richesse (Cendrillon, Jane Eyre de Charlotte Brontë)
  4. La renaissance, les personnages principaux vivent un changement, une renaissance, une transformation (Wolf Hall de Hilary Mantel, Le Fléau de Stephen King)
  5. Voyage et retour (Alice au pays des merveilles de Lewis Caroll, Les Voyages de Gulliver de Jonathan Swift)
  6. La quête (Les versets sataniques de Salman Rushdie, Les corrections de Jonathan Franzen)
  7. Vaincre le monstre, un héros qui doit défendre quelqu’un ou quelque chose contre un méchant qui le menace (la série Harry Potter de J.K. Rowling)

L’intrigue peut finalement prendre plusieurs formes différentes mais le rythme et la construction du livre scène par scène demeurent très important.

 

Combiner un style d’écriture abouti et un langage simple et authentique

Les algorithmes démontrent que ce n’est pas nécessairement la beauté des mots et des tournures de phrases citées par les critiques littéraires qui font le succès d’un livre en termes de ventes. Néanmoins, un bon usage du vocabulaire et de la grammaire est crucial pour que votre roman ait des chances de devenir un best-seller !

Le style est bien entendu un élément déterminant dans l’accueil d’un livre.  Il doit être à la fois mécanique et organique, un mélange de savoir-faire inné et acquis. Par exemple, si l’intrigue est déjà vue, la qualité du style peut sortir un livre du lot et le faire monter dans les classements.

Le langage employé dans les grands best-sellers est moins formel, afin de permettre une lecture plus fluide. Les voix, qu’elles soient à la 1re ou 3e personne, sont authentiques et correspondent aux personnages en termes de registre (âge, milieu social, époque…). Les personnages des bestsellers posent plus de questions, mais n’utilisent pas plus de points d’exclamation. Au contraire, un surplus de points d’exclamations est un indicateur négatif pour un succès. Les phrases sont en générales plus courtes plus propres, sans mots inutiles.

 

L’importance de la première phrase d’un roman

Les premiers mots de votre livre sont primordiaux, surtout pour attirer le regard d’un éditeur avec 50 autres manuscrits à lire. Les auteurs du Bestseller Code décortiquent deux premières phrases pour illustrer la différence entre une première phrase qui annonce un immense bestseller et une qui annonce simplement un bon livre. Le best-seller ? L’Idéaliste de John Grisham (Robert Laffont, 1996) :

« J’ai pris la décision irrévocable de faire mon droit le jour où j’ai compris que mon père haïssait les professions juridiques. »

Cette phrase contient :

  • une prise de décision qui déclenche une action ;
  • deux personnages et une référence à leur lien relationnel ;
  • un conflit à l’horizon ;
  • des mots simples et faciles à lire, une structure sans propositions excessives ni de mots inutiles ;
  • une voix crédible, qui fait autorité.

Le bon livre ?  L’information de Martin Amis (Le Livre de Poche, 2018), choisi pour son clin d’œil au style de John Grisham :

« Les villes la nuit, je le sens bien, renferment les hommes qui pleurent dans leur sommeil puis ne disent rien. »

  • aucune action ;
  • aucune interaction entre les personnages ;
  • beaucoup de mots qui évoquent le vide (nuit, sommeil, rien) ;
  • une voix sans autorité et donc sans authenticité ;
  • l’émotion est prisonnière entre deux virgules ;
  • le « je » arrive après une proposition très anonyme.

Il est important de souligner que les auteurs ne jugent pas ces phrases pour la qualité de leur prose (personnellement, je trouve la deuxième bien plus agréable à lire !) mais pour la présence d’indicateurs annonciateurs de grand succès.  Le défi ?!  Ecrire un magnifique incipit tout en incorporant un maximum d’ingrédients « bestseller » !

Des personnages principaux volontaires et qui expriment leurs émotions

Les personnages principaux les plus populaires ont toujours du pouvoir, du dynamisme et de la volonté. L’auteur nous apprend à les connaître à travers des descriptions détaillées ou à travers le discours indirect libre (un narrateur omniscient entre dans la tête d’un personnage). Dans l’univers du bestseller, les personnages « désirent », « ont besoin », « doivent »… Ils montrent et maîtrisent leurs désirs. Les personnages moins populaires « souhaitent » 1,3 fois plus souvent et « haïssent » deux fois plus que leurs homologues au somment des ventes.

 

Pour écrire un best-seller : suivre la recette ne suffit pas (et heureusement) !

Chers auteurs, le retour que l’on entend le plus souvent des éditeurs est « Je ne suis pas rentré.e dans le texte. » Il y a heureusement autant de styles que de livres, et la grande majorité des livres ne répond pas à cette « recette » de succès. Lorsqu’on écrit, il ne faut surtout pas trop calculer… mais on peut retenir des points clés qui vous aideront à écrire votre best-seller :

  • Travailler soigneusement votre première phrase. Après la couverture et le résumé, c’est le premier contact du lecteur avec votre livre ;
  • « Activer » le langage de vos personnages pour maintenir l’attention du lecteur ;
  • Solliciter les émotions du lecteur en faisant appel à leurs sens, pour le plonger dans votre texte ;
  • Traquer et chasser les mots inutiles.

Alors, maintenant que vous avez toutes les clés en mains, à votre tour d’écrire un best-seller ! 🙂

 

Pour aller plus loin :

→ Le métier d’agent littéraire : une journée avec Andrea, de Librinova 

→ Comment publier un livre sur internet en auto-édition ? 

→ À qui faire lire son livre avant d’essayer de le publier et pourquoi ?

1 commentaire

Publié par larouz lahcen : le 2 avril 2018

ces conseils sont extrêmement intéressants pour les écrivains je vous en remercie beaucoup

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