Comment écrire de bons dialogues ?

Dans un récit, les dialogues permettent de donner de la vie à une scène et de la matière aux personnages qui parlent. Si les dialogues doivent retranscrire les conversations que ces personnages auraient dans la vie réelle, ils doivent être bien écrits pour sonner juste. Comment réussir vos dialogues et les rendre crédibles ? Suivez le guide.

Se concentrer sur l’essentiel

S’il doit être réaliste, un dialogue ne reflète pas totalement la réalité. Dans la vie réelle, les interactions sont ponctuées par des phrases banales du quotidien – phrases qui ne doivent pas apparaître dans un dialogue écrit sous peine d’ennuyer le lecteur. Un dialogue bien écrit doit avoir un intérêt pour l’intrigue et pour le développement des personnages, sans quoi vous risquez de perdre le lecteur en cours de route. Évitez donc les discussions inutiles… sans pour autant rendre la conversation trop artificielle et sans surprise.   

Autre conseil pour garantir la crédibilité du dialogue : bannissez tout échange purement « utilitaire », qui ne servirait qu’à faire avancer l’intrigue artificiellement. Distillez les informations cruciales au fil du dialogue, afin de rendre l’échange naturel. Dans la vie, rares sont les personnes à dévoiler toute leur histoire lors d’un long monologue : il doit en aller de même dans vos récits !  

Donner une voix aux personnages

Pour être crédibles, les dialogues d’un roman ou d’une nouvelle doivent donner une personnalité aux protagonistes à travers leur façon de s’exprimer. Cela passe notamment par le vocabulaire employé, le niveau de langue (soutenu, familier, etc.), les arguments avancés et les tics de langage qui doivent être propres à chaque personnage 

On ne parle pas tous de la même façon. Cela doit donc être le cas également pour les personnages d’un récit. Par ailleurs, cela évite d’avoir à insérer des incises à chaque réplique pour annoncer qui s’exprime. Le lecteur reconnaîtra chaque personnage grâce à sa façon de parler.  

Ancrer le dialogue dans un contexte

Pour que le dialogue sonne juste, il ne faut pas hésiter à l’entrecouper de descriptions, que ce soit pour décrire la réaction des personnages à une information exprimée dans le dialogue, ou des détails de la scène qui entoure les protagonistes.

Décrire les personnages qui participent au dialogue

En discutant, les personnages peuvent avoir des réactions physiques et non verbales, comme ce serait le cas dans la vraie vie. Prendre le temps de les décrire entre deux répliques permet non seulement au lecteur de se projeter dans la scène, mais aussi de donner un peu plus de corps aux personnages. 

Décrire le décor du dialogue

L’environnement de la discussion peut être intéressant à décrire. Cela permet d’installer la scène dans la tête du lecteur, d’ajouter un peu d’ambiance et de donner de la vie au récit. Est-ce qu’il y a du bruit autour ? Du monde ? Un personnage remarque-t-il quelque chose d’important pour l’intrigue, sans le dire à voix haute ? Posez-vous ces quelques questions pour choisir avec soin les descriptions que vous allez intégrer au dialogue. 

Faire des pauses dans le dialogue grâce au silence

Un dialogue bien écrit ne doit pas ressembler à un jeu de questions-réponses entre les personnages. Des pauses et des silences s’immiscent parfois dans une discussion réelle. Ce doit aussi être le cas dans un dialogue. Cela le rendra d’autant plus réaliste. Par ailleurs, dans une narration, le silence peut ajouter de l’intensité à la scène qui se déroule et de la profondeur à un personnage. En bonus, il casse le dialogue et apporte davantage de rythme à la discussion. N’hésitez donc pas à parsemer votre conversation de pauses bien choisies. 

Utiliser les incises, mais pas trop

Les incises servent à préciser au lecteur qui parle ainsi que le ton employé. Elles doivent être utilisées avec parcimonie et si vous avez bien caractérisé vos personnages, vous ne devrez pas en avoir beaucoup besoin. Pas la peine, donc, d’en placer une à chaque fin de phrase au risque d’alourdir le rythme de la lecture. 

Ces incises sont toutefois essentielles pour ponctuer et baliser le dialogue de temps en temps. Lorsque le dialogue est long et dense, elles permettent de rappeler au lecteur qui est en train de parler, sans qu’il ait besoin de remonter le dialogue pour reprendre le fil. Elles permettent aussi d’indiquer les émotions des personnages au cours du dialogue – ce qui peut être très utile lorsque la discussion est animée. 

De préférence, il vaut mieux privilégier des incises « classiques », comme « dit-il » ou « répondit-elle ». Même si elles sont répétées au fil du dialogue, elles ne gênent pas à la lecture car l’œil du lecteur a l’habitude de les croiser et n’y prête pas vraiment attention.  

Relire les dialogues écrits, à voix haute

Dernier conseil pour écrire de bons dialogues : vérifiez s’ils sonnent juste en les relisant à voix haute. Si vous butez sur une ou plusieurs répliques, c’est qu’il y a sans doute quelque chose à revoir. Vous pouvez aussi demander l’avis de personnes de confiance qui auront davantage de recul sur le texte.  

 

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