Portrait de Chris Laquieze, membre du jury du Prix des étoiles 2026

Portrait de Chris Laquieze, membre du jury du Prix des étoiles 2026
25/09/2026
Prix littéraires

Christopher Laquieze est spécialisé dans la littérature latino-américaine, dont il s’attache à faire entendre toute la richesse et la singularité. À travers ses réseaux sociaux, il met en lumière des œuvres majeures parfois trop peu visibles et partage avec passion ses découvertes littéraires. Son premier roman, La Rosa Perdida, publié aux éditions JC Lattès, a remporté le prix Jean d’Ormesson 2026. Sensible aux voix venues d’ailleurs et aux récits qui ouvrent de nouveaux horizons, Chris a accepté – pour notre plus grand bonheur ! – d’intégrer le jury du Prix des étoiles 2026, aux côtés de l’autrice Clarisse Sabard et de l’éditrice Zoé Niewdanski. Un rôle qui lui permettra d’encourager et de mettre en lumière les plumes les plus prometteuses de l’année. Portrait de l’une des personnalités littéraires les plus reconnues de sa génération :

 

Peux-tu nous raconter comment tu es devenu chroniqueur littéraire ? Qu’est-ce qui te plait le plus dans ce métier ?

Je suis devenu chroniqueur littéraire un peu malgré moi. J’ai commencé sur les réseaux sociaux en parlant de philosophie. Je me suis dit : « Je vais essayer de rendre des concepts philo complexes accessibles, en essayant de ne pas en perdre la profondeur ». Je faisais tout ça pour moi, en étant persuadé de comprendre ce que je lisais. Rapidement, ça a marché ! Les gens étaient intéressés. Et puis, au fur et à mesure du temps, je me suis diversifié : j’ai transité de la philosophie à la littérature pour essayer de proposer des livres qui sortent de l’ordinaire, des auteurs dont on ne parle pas forcément, en étant parfois un peu plus critique sur les livres qui sont le plus mis en avant. Et puis il y a eu un effet boule de neige.

Ce que j’aime le plus dans ce métier, évidemment, c’est de pouvoir être surpris. C’est la recherche de livres dont personne ne parle. Et pour cela, je travaille avec beaucoup de libraires. Je discute avec un maximum de personnes qui peuvent me faire découvrir des auteurs que je n’aurais jamais découverts seul. Je suis très proche de la culture latino-américaine, mais j’aime bien me diversifier, aller voir aussi ce qui se passe ailleurs. L’objectif étant d’aller chercher des petites pépites qui peuvent rappeler d’autres livres à d’autres personnes et leur faire vivre de nouvelles expériences.

Quand et comment as-tu commencé à écrire ? Comment définirais-tu ton rapport à l’écriture aujourd’hui ?

J’écris depuis longtemps, mais je n’ai jamais voulu publier quoi que ce soit. Aux tous débuts, j’écrivais beaucoup de nouvelles. Je dois avoir un dossier avec des tonnes de nouvelles à l’intérieur ! J’ai décidé d’écrire mon premier roman il y a trois ans à peu près, à la suite du décès de mon père et de mon meilleur ami. Ça a vraiment été l’élément déclencheur, ce qui m’a donné envie de me lancer dans un vrai projet d’écriture.

Je ne vois pas forcément l’écriture comme un art thérapeutique, mais, de la même manière que certaines personnes ont besoin de faire du sport pour se sentir bien, moi, j’ai vraiment le besoin d’écrire, sinon je deviens invivable.

Quelles sont tes sources d’inspiration ?

C’est toujours compliqué de donner ses sources d’inspiration, parce qu’il y en a beaucoup ! Ça pourrait très bien être les écrivains latino-américains : je pense notamment à Mariana Enriquez, à García Márquez, forcément. Chez les Américains, je suis un grand fan de Donald Ray Pollock, de Kerouac. Côté Russie, j’aime beaucoup Dostoïevski et Tolstoï. De manière générale, je suis plus proche de la littérature étrangère, avec une grosse influence américaine (tout le continent).

Peux-tu nous raconter ton parcours éditorial : ta rencontre avec les éditions JC Lattès, le Prix Jean d’Ormesson, etc… ?

Tout s’est passé à la suite des décès de mon père et de mon meilleur ami. Je décide d’écrire mon premier manuscrit. Un livre extrêmement sombre, violent jusque dans l’écriture, qui s’intitulait « La nuit, les enfants dansent ». Mais il est refusé absolument partout, et notamment aux éditions JC Lattès, vers août 2023.

Une amie autrice me dit un jour : « Tu sais, parfois, on écrit des livres qui ne sont pas faits pour être publiés, mais qui sont faits pour expier quelque chose en soi, pour pouvoir écrire, demain, le bon livre ». Quand elle me dit ça, je prends une claque ! Et j’arrête d’écrire pendant deux mois. Puis je lis Chronique d’une mort annoncée de García Márquez. Et en fait, ça me fait comme une sorte de déclic sur la structure narrative : l’idée de connaître la fin dès la première phrase, de savoir ce qui va passer tout au long du livre et de finir par être surpris que ce qui a été prédit se produise.

De cette lecture-là nait La Rosa Perdida, sur lequel se positionne Marie, des éditions JC Lattès. Ensemble, on retravaille complètement le manuscrit. Réécrire, enlever des passages, épaissir des personnages, les rendre plus complexes, pouvoir jouer sur l’intrigue, ne pas perdre le lecteur, garder une cohérence dans le style et dans l’écriture… Tout ça a pris 8 mois ! Puis le livre sort enfin, le 14 janvier.

À sa parution, je suis très surpris de l’accueil, du fait que ça touche autant de personnes. Le sujet est pourtant niche : on parle de dictature en Amérique latine, dans un village qui n’existe pas.

Et puis, je me rappelle de mon premier prix : le prix Jean-Claude Brialy, qui est un petit prix de salon. C’est David Foenkinos qui m’a appelé pour me l’annoncer. J’étais tellement content !

Mais, quelques mois plus tard, des gens sur les réseaux me prennent en grippe. Mon livre se fait détruire semaine après semaine, de partout. Personnellement, je n’ai pas de problème à critiquer négativement des livres. Donc, le fait qu’on le fasse pour moi, ça fait partie aussi du jeu. Mais c’est vrai que quand il y a un acharnement, d’autant plus sur un premier roman, ça fait toujours quelque chose…

Donc, à ce moment-là, je perds un peu espoir. J’essaie de me concentrer sur l’écriture du prochain roman, de me sortir un peu de la Rosa Perdida, de tout ce qui se passe sur les réseaux.

Et puis un jour, mon éditrice m’appelle et me demande : « Tu fais quoi le 21 juin ? Parce que tu as remporté le Prix Jean d’Ormesson ! ». Je ne m’y attendais tellement pas, ça a été un choc ! Je savais que j’étais sur la liste, aux côtés d’auteurs que j’adore. Je me disais : « Tu ne l’auras jamais, mais c’est déjà cool de participer ». Le Prix d’Ormesson est remis par les membres de l’Académie française : pour quelqu’un qui a quitté l’école très jeune, et qui ne vient pas du tout de ce milieu-là, c‘était vraiment un très beau moment, que j’ai partagé avec tous mes proches.

 

Pourquoi avoir accepté d’intégrer le jury du Prix des étoiles ?

J’ai accepté d’intégrer le jury du Prix des étoiles car je suis très curieux de pouvoir découvrir de nouvelles voix, de nouvelles façons de raconter des histoires. C’est une initiative qui ouvre de nombreuses portes aux auteurs auto-édités. C’est un grand plaisir pour moi de pouvoir y contribuer, et de découvrir de nouvelles pépites !

Qu’attends-tu de cette 11e édition du Prix des étoiles ?

Dans un premier temps, j’attends du style : une voix particulière, originale. J’attends aussi qu’on me surprenne par certaines constructions narratives. Je suis toujours très curieux de voir la manière dont les auteurs racontent des histoires, c’est ce qui crée toute leur originalité. J’attends d’être surpris dès la première page d’un livre.

 

Comment intégrer la sélection du Prix des étoiles Librinova 2026 ?

Une seule consigne : soumettre votre livre sur librinova.com avant le 30 novembre 2026 !

Parmi toutes les publications reçues entre le 1er décembre 2025 et le 30 novembre 2026, le jury primera une dizaine d’ouvrages, considérés comme les plus prometteurs de l’année. Littérature générale, émotions, imaginaire, noir & suspense, jeune public, récits de vie, savoirs & vie pratique : tous les genres seront récompensés !

Tentez votre chance !