Fragment rural

de Anne Armand

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Fragment rural

Marie croit avoir trouvé un lieu agréable à vivre, un village perdu au milieu des champs de Seine-et-Marne, un territoire préservé des outrages de la modernité, avec des autochtones qui ont conservé des activités rurales. La charmante bourgade, hélas, est rattrapée par l’urbanisation de la banlieue ...

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Marie croit avoir trouvé un lieu agréable à vivre, un village perdu au milieu des champs de Seine-et-Marne, un territoire préservé des outrages de la modernité, avec des autochtones qui ont conservé des activités rurales. La charmante bourgade, hélas, est rattrapée par l’urbanisation de la banlieue et ne sera bientôt plus qu’une enclave résidentielle. À la ferme, les voisins de Marie, Jean-Pierre et Bénédicte, continuent de travailler tout en modifiant leur activité au risque de perdre leur identité d’agriculteurs. Le père de Jean-Pierre, Lucien, reste l’un des derniers témoins de la vie rurale d’autrefois. Il est maintenu à domicile par Catherine, sans l’aide de laquelle il ne pourrait pas finir ses jours dans un environnement familier qu’il ne reconnaît plus tout à fait.

Même la buse, qui voit ses proies disparaître, est contrariée par la présence de plus en plus envahissante des aéronefs. Quant au lapin malin, si cher au cœur de Marie, il ne sort plus guère de son terrier.

L’être humain ne peut-il donc rien laisser tranquille ?

Le jardinier de Marie, Éric, s’est fait un point d’honneur à venir à bout de la présence indésirable de la taupe, trahie par les monticules de terre qu’elle laisse derrière elle. La taupe résiste, Éric s’enferre. Marie perd ses derniers repères d’attachement à son lieu de vie, et elle se pose la question : Partir ou rester ?

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5 Commentaires

Publié par francoise-millet : le 27/09/2020

Bravo pour ce livre agréable à lire Belle écriture, riche en vocabulaire, le thème est très original avec une analyse précise du monde et de l'environnement en pleine mutation. Original aussi, les chapitres dans la tête et la peau des animaux !! Le sujet de la dépendance est abordé et fait réfléchir ainsi que le monde du travail des aides aux personnes dépendantes. Anne ARMAND est passionnée et sensible à notre "dame nature " et nous transmet ses émotions. En attendant un prochain livre avec plaisir.

Publié par daniela-scarpete : le 27/09/2020

A travers son récit , Anne Armand nous fait découvrir la campagne seine et marnaise, et pas seulement ! À lire et à apprécier.

Publié par catherine-alicandro : le 27/09/2020

Un constat social et environnemental traité sérieusement avec des cas de figures originaux. La participation de nos petits amis les animaux de la campagne apporte un coté humoristique bien sympathique.

Publié par didier-tabary : le 29/09/2020

Des amis m'avaient prêté le premier roman d'Anne Armand, La Thèse, que j'avais trouvé prometteur et dont la première partie, largement consacrée au milieu psychiatrique, m'avait fort intéressé. J'ai donc découvert son second roman, Fragment rural, dont le titre m'a intrigué car le monde rural n'est guère présent dans La Thèse. L'action se passe en Seine-et-Marne,, département francilien qui a connu de nombreuses mutations depuis une trentaine d'années. La narratrice, formatrice de son métier et double de l'auteure, habite dans une petite commune probablement située au nord de Melun. Elle, qui se sentait si bien dans ce village qui avait conservé son authenticité et ses activités agricoles, éprouve un malaise devant ce qu'il est en train de devenir. Comme d'autres endroits sur le territoire national, il est rattrapé par la banlieue, l'urbanisation, les centres commerciaux, les plateformes logistiques, etc. Ce qu'était venue chercher la narratrice dans ce village préservé des outrages de la modernité et de la post-industrialisation ne sera bientôt plus qu'une enclave résidentielle au milieu de nulle part, vouée à une décevante hybridation. Dans ce roman, on fait aussi des rencontres, on découvre des personnages confrontés aux difficultés de l'existence, à la grande vieillesse, qui naviguent entre optimisme et pessimisme, qui cherchent des solutions pour améliorer leur sort ou maintenir une activité de moins en moins pérenne. On découvre aussi des animaux sauvages et domestiques, qui font partie de l'univers de la narratrice et entretiennent avec elle une touchante complicité. Ainsi en est-il de la taupe qui a investi le jardin de la maison et qui laisse derrière elle des monticules de terre que le jardinier veut à tout prix voir disparaître. L'animal devient alors une métaphore de la résistance à l'action des hommes dont le but est de tout contrôler et de tout s'approprier. L'auteure, par empathie, parvient à nous intéresser à cet animal aveugle que l'on ne voit pas non plus et qui, malgré tout, nous attendrit. Ce récit aux accents houellebecquiens, aux analyses quasiment sociologiques, aux passages lyriques et poétiques, peut laisse un goût amer. Le pot de terre ne peut l'emporter sur le pot de fer. Reste à la narratrice de prendre ce qui sera pour elle la bonne décision.

Publié par julie-caroff : le 15/11/2020

Cela fait 3 fois que je relis ce livre, et à chaque fois je suis frappée par la profondeur des émotions véhiculées par l'auteure. Que ce soient l'expression de la solitude, la tombée en désuétude de nos paysages ou l'au revoir à un être cher, nous sommes tout autant touchés par les aventures et surtout mésaventures des protagonistes qui malgré leur envie de s'accrocher à ce qu'ils connaissent, respectent et aiment, n'ont pas d'autre choix que d'abandonner. Un livre extrêmement puissant!

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