Entre noir et blanc

de Bruno Boy

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Entre noir et blanc

« Vous êtes le soleil de cette maison… »

Jeudi 4 novembre 1963, dans un château Renaissance aménagé en préventorium, au fond d’une vallée du Massif central, Françoise, une jeune malade, déclame devant ses camarades et l’ensemble du personnel le compliment d’usage à l’intention du Père Charles Aubenas ...

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« Vous êtes le soleil de cette maison… »

Jeudi 4 novembre 1963, dans un château Renaissance aménagé en préventorium, au fond d’une vallée du Massif central, Françoise, une jeune malade, déclame devant ses camarades et l’ensemble du personnel le compliment d’usage à l’intention du Père Charles Aubenas, directeur de l’institution.
Bruno ainsi que Monsieur Paul, le factotum, son père, assistent à cette représentation en l’honneur du Chanoine directeur.
 
 « Parce que ta vie, ton existence, étaient au-delà des mots … »

Mardi 5 juillet 2005, dans une église de village de cette même vallée, Bruno, face au cercueil, s’adresse une dernière fois à son père.  

Entre ces deux dates, nous découvrons, au fil des jours, comment le pouvoir religieux et le pouvoir médical, en se conjuguant dans ce monde clos, créent une microsociété hors du temps…

Ce château, « le château de son père », îlot de technicité médicale et de symbolisme religieux, mélange de modernité et de tradition, abrite les rêves de Bruno, mais constitue aussi un rempart efficace contre ses peurs.
Il structure ses repères à partir du noir et du blanc, les couleurs de son enfance.

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Publié par jean-marie-sirvins : le 30/05/2019

'' Entre noir et blanc'',:un chateau reconverti en préventorium qui accueille des enfants venus parfois de loin,l'autorité du Directeur,un homme d'église...les souvenirs du petit garçon qui a grandi dans ce milieu, peu commun.La vie dans les années Soixante y est décrite avec précision. Style léger,agréable...le premier roman de Bruno BOY se lit d'un trait ,le lecteur se sent vite plongé dans l'ambiance du lieu... à lire absolument Jean-Marie SIRVINS

Publié par herve-navaron : le 22/06/2019

« Entre noir et blanc » c’est la tendresse et la nostalgie de « La gloire de mon père », l’ambiance est celle de « La rivière Espérance », et la subtile description du quotidien rappelle « Des grives aux loups » … L’ensemble est parfaitement maitrisé, fluide et agréable à lire. Certains passages sont vraiment forts, émouvants et ils témoignent que la construction et les valeurs d’un homme sont à rechercher dans son enfance. L’auteur a visiblement des valeurs et cet ouvrage nous en livre quelques clés avec pudeur et sincérité… ne passez pas à coté !

Publié par bernadette-couffignal : le 24/06/2019

Ce roman est un témoignage de la période pré soixante huit. Il a pour horizon la campagne mais va bien au delà d'un roman de terroir: on y découvre un enfant (qu'on appellerait aujourd'hui un pré-ado) qui évolue dans un lieu où l'imprégnation religieuse est prégnante, dans une famille, que l'on qualifierait de nos jours, de psycho- rigide (mais à cette époque et dans les familles paysannes très croyantes on ne se dit pas qu'on s'aime: les enfants sont élevés dans le respect de l'adulte, de l'autorité de l'enseignant, du religieux). Bruno aime le "château" : quelle chance pour l'enfant qu'il est de vivre son enfance tout près (l'imaginaire et le merveilleux des contes de fées y trouve sûrement sa place). Mais ce château est aussi le berceau de la maladie dont il prend conscience. On ne passe qu'une petite année avec Bruno mais on sens que cette période a été importante pour lui: c'est l'âge de la réflexion presque philosophique, de l'admiration qu'il voue à son père, des premières responsabilités, des dualités, des premiers émois, des rancœurs, de la première ambition "érudite" à l'image du Chanoine, de la découverte de la mort. " Entre noir et blanc" nous fait découvrir un enfant sensible dans tous les sens du terme: à la nature bien sûr aux paysages, aux odeurs, aux marques d'affections, aux réprimandes..etc. Il nous livre tous ces éléments avec beaucoup de détails comme pour nous imprégner au mieux dans son univers. Je n'ai jamais eu le courage de lire Proust (sinon des extraits) mais ce roman est pour moi " la madeleine": il me plonge dans cette période, dans cette famille, dans ce lieu . Il est très touchant, et l'écriture est précise et agréable. Pourquoi pas une suite? N'hésitez pas! Dadou

Publié par pierre-arragon : le 24/06/2019

Quel formidable hommage au père ! Non pas à un héros comme en construisent les légendes nostalgiques, mais à un « Homme bon ». Pour les gens-bien qui l’emploient, monsieur Paul a encore le statut de serf. Mais travailleur républicain dans sa tête, il est fier du rôle dont il s’investit. Pas une grande gueule à la Pagnol mais une dignité modeste ; Faire et être plus que dire. Plus que l’admiration, partout on perçoit le respect sans peur du gamin qui, à bonne distance et curieux, dévore des yeux la moindre posture de son père. Et il s’approprie de même sa virtuosité au maniement de la clé à molette ou au bout de fil de fer bien placé. Une belle complicité entre le sachant et l’apprenant, sans déférence. Et que de leçons muettes sur les valeurs ! La mère, elle, est évoquée par-ci, par-là, en quelques lignes. Froides. C’est peut-être dans les non-dits d’entre les lignes que se cache le prochain roman de Bruno. Gageons qu’il sera moins… paisible. Mais bon, en attendant, rassurez-vous ! « Entre noir et blanc » n’est pas un roman de terroir de plus. B.B. échappe bien à la nostalgie facile de l’ancien temps idéalisé. Pas de : "c’était tellement mieux avant". Et au détour des souvenirs d’un enfant, de temps à autre surgissent quelques lignes des analyses de l’adulte. Sur la maladie, l’âge, les notables, les corps sociaux et les luttes de pouvoir, la soumission, … Ces retours théoriques, lapidaires, donnent du sens et justifient l’histoire. Tout ceci fait que ce livre est plus qu’un récit, c’est une leçon de vie ! Simplement. Pierre

Publié par robert-couffignal : le 01/07/2019

« Entre «blanc et noir » n'est pas qu'un roman autobiographique sur l'enfance de Bruno. C'est aussi un livre sur notre enfance. Si nous n'avons pas tous vécu près d'un château si singulier, nous avons connu semblables attachements, semblables émotions, semblables espoirs. C'est en cela que ce livre nous touche. Ce récit, je crois, se place sous le signe du « ENTRE ». Entre le petit Bruno et nous, même lien : l'humain. ENTRE : parce que le roman démarre sur la lecture d'un compliment par une jeune fille en souffrance, Françoise, au directeur de l’établissement le Père Aubenas, «  le soleil de cette maison » et se termine sur des paroles d'hommage d'un fils à son père qui « est au Ciel ». Entre compliment et hommage, s'est inscrite une vie d'homme. ENTRE noir et blanc : blouses blanches des soignants, noire soutane, habits noir et blanc des religieuses. Entre deux vocations : soigner les cœurs et (ou) soigner les âmes : un destin se dessine pour l'enfant. Noir et blanc comme les photos qui dorment dans nos vieux albums. Nos parents, nos proches, nos amis y sont jeunes et souriants: vivants. L'auteur joue de sa plume comme d'une caméra qui filmerait en noir et blanc (couleurs de la nostalgie?) un autre temps : celui des souvenirs. ENTRE vie et mort pour ces jeunes filles luttant pour leur survie avec la mort qui plane. C'est la neige et son blanc ouaté qui « enjolive et magnifie » les noirs corbeaux et noir corbillard qui emporte le corps de Françoise... ENTRE père et mère. ENTRE la mère austère et la radieuse institutrice en blouse blanche : deux personnalités en une personne : l'heureuse institutrice et la femme qui « instille au sein de la famille un sentiment de souffrance inexpliquée ». Celle qui « instruit avec bonheur » et celle qui ne sait «  pas dire : je t'aime » ENTRE le père et l'enfant, les liens d'une étroite complicité en tout lieu : dans le château, dans les bois, dans le camion...Le regard de l'enfant nous donne à voir Mr Paul, l'homme de confiance du château et papa l'homme de confiance de l'enfant. Dans sa salopette bleue, il est pour l'enfant bien plus important que le chanoine régent de l'établissement de soin, du château et de son domaine. Mr Paul « sait » le château depuis sa rénovation ; il en connaît les entrailles, les grandeurs les faiblesses. C'est celui qui fait découvrir et aimer ce lieu à l'enfant. ENTRE l'enfant et le château, l'autre personnage central du roman, l'autre complice de Bruno. Il est le compagnon de «  rêveries à la Chateaubriand » dans le dédale des couloirs, les escaliers, les sous-sols, la cuisine, la réserve, les salons, la belle chapelle, la cour intérieure, C'est le cœur duquel tout part et tout ramène. Et toujours noir et blanc l'échiquier que forme le dallage du grand salon. « Je vis je respire au rythme de la vieille demeure » C'est un château de style renaissance. Re- Naissance aussi pour les jeunes filles qui y espèrent la guérison et un nouveau départ dans la vie.Entre l'enfant et le château un sourd et complice dialogue : entre l’immense et le petit , entre le lourd et le léger, le chargé d' histoire et celui en promesse d' avenir. Entre l'immobile et le vivant. Entre l’imposant et la « Bricole » ENTRE enfance et adolescence : Entre l'enfant qui joue et rêve en toute innocence, qui redoute de mystérieux dangers, celui qui craint l'abandon et l'ado qui découvre qu'il devra vivre à la fin de l'été loin de » sa famille et de son cher château : en pension. L'ado qui ressent les premiers émois de la sensualité. Quelle savoureuse scène ou Bruno découvre les lettres d'amour de la jolie Hélène à Pierre l'oncle de l'enfant ! La trace de rouge à lèvre laissée par la belle en guise de signature a autant imprégné le papier que l' esprit de Bruno ! C'est aussi l' ENTRE deux époques comme le château anciennement féodal transformé en demeure renaissance puis aménagé en établissement de soins pour jeunes tuberculeuses du XXè siècle. Féodale est la scène d'introduction du roman. Toutes les malades tout le personnel du centre toutes les reli

Publié par robert-couffignal : le 01/07/2019

suite C'est aussi l' ENTRE deux époques comme le château anciennement féodal transformé en demeure renaissance puis aménagé en établissement de soins pour jeunes tuberculeuses du XXè siècle. Féodale est la scène d'introduction du roman. Toutes les malades tout le personnel du centre toutes les religieuses, tous les ouvriers du domaine réunis pour écouter le compliment que lit Françoise au nouveau seigneur. « C'était pas mal … je dirai même que c'était bien »laissera tomber la soutane comme toute réponse et comme tous les ans. On peut faire plus chaleureux ! Féodale aussi la distance qu'il met avec le personnel. N’écoutant aucun des conseils de bon sens de Mr PAUL s'ils sont contraire à sa volonté et son bon vouloir. ENTRE passé et progrès. Dans ce pays de basse Auvergne le progrès tarde à pénétrer : pregnance de la religion, un système paysan attaché aux traditions les difficultés de communication et de commerce les cultures plus difficile qu'ailleurs, le manque d' industries,le départ des jeunes vers les lumièrers de la ville...? Par une subtile métaphore colorée Il advint pourtant ! En fin de récit. Il est bleu et rouge comme la silhouette ( il est encore un peu loin et imprécis) de la moissonneuse batteuse du camion qui l'accompagne . C'est la fin du blanc et noir , la venue d'une autre époque.p On sourit aux évocations des querelles entre possesseurs de Peugeot, de Renault ou de Citroën, à l'émerveillement des enfants devant ces voitures brillantes de chrome. ENTRE école laïque et religieuse, la controverse est ici évoquée, mais ce qui importe vraiment à Bruno c'est de na pas être séparé de ses parents, de ses frères, du château. Enfin on remarquera les dates choisie pour rythmer le récit : pour l'essentiel entre Novembre et Décembre 1966, la fin de l'automne au moment où le ciel est le plus souvent gris. Gris : entre noir et blanc ENTRE vous et moi il serait dommage de passer à côté de ce beau roman, roman de la transformation d'un enfant non seulement en adulte mais surtout en homme.

Publié par fauvita : le 03/07/2019

"Entre noir et blanc" est un roman impressionniste qui par petites touches compose le paysage d'une enfance singulière dans le cadre un peu irréel d'un château, "personnage" central de l'ouvrage. La palette de couleurs utilisée comporte certes du noir et du blanc, mais l'ensemble est une composition toute en nuances où les "impressions" de l'enfance constituent les lignes de force d'une vie...Un ouvrage sensible et précieux . Fauvita

Publié par fauvita : le 03/07/2019

"Entre noir et blanc" est un roman impressionniste qui par petites touches compose le paysage d'une enfance singulière dans le cadre un peu irréel d'un château, "personnage" central de l'ouvrage. La palette de couleurs utilisée comporte certes du noir et du blanc, mais l'ensemble est une composition toute en nuances où les "impressions" de l'enfance constituent les lignes de force d'une vie...Un ouvrage sensible et précieux . Fauvita

Publié par josephine-amouroux : le 04/07/2019

Ce roman nous replonge dans les temps de l'enfance où la notion de temps n'existe plus, où seul le cadre de vie de proximité compte (ici les parents, les religieux, les médecins); l'activité du préventorium berce les journées de Bruno. Les belles anecdotes, tantôt drôles, tantôt nostalgiques sont touchantes et l'on s'attache rapidement à ce petit Bruno qu'on aimerait suivre lors de sa rentrée en pensionnat. L'écriture est belle et précise. Un seul regret, que ce livre s'arrête! Bravo!

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