Ces Carnets de route sont une sorte de retour aux sources de l'enfance, puis de la prime jeunesse d'un narrateur, devenu adulte et professeur universitaire dans la capitale marocaine, après ses études doctorales à Paris et qui revisite à chaque fois lors de ses allers-retours de Rabat à Fès d'abord, puis à Meknès sa ville natale ; ensuite les lieux-dits d'identité et de mémoire, en intégrant au fur et à mesure des épisodes d'école, de collège ou de lycée, des récits d'amis, de camarades d'école ou de quartier connus, des bribes de conversation avec des figures parentales, voire des fictions aussi. Le tout dans une énonciation plurielle et multiple qui s'assume comme telle. Le narrateur-écrivant est bien conscient de la difficulté d'une telle entreprise qui n'est ni un journal chronologique, ni un récit autobiographique linéaire bien articulé comme une sorte d'élaboration secondaire quasi freudienne, pas plus qu'une chronique, même si de larges extraits sont consacrés à l'histoire du pays, basés sur des écrits authentifiés. L'intertextualité explicite y est bien présente et assumée. Les Carnets de route s'étalent sur une trentaine d'années, avec quelques dates insérées comme ancrage temporel pour faciliter le cheminement du texte par le lecteur.
Ecrivain et chercheur académique en Sémiotique et Sciences du langage. Expert en Patrimoine immatériel.
Auteur des Contes populaires de Maknassa (Maroc), L'Harmattan, 2006 et d'un roman, D'Agave et de miel, Edilivre, 2016.