L'entrée dans le film de Gilliam et LaGravenese par le biais de l'affiche française est surtout source d'interrogations. Néanmoins, elle indique bien que ce film se situe dans un entre-deux. Il faut donc le lire comme une quête moderne qui rejoue une quête arthurienne, de ce fait intemporelle. Cette lecture, assumée par le film dès son titre – The Fisher King – se trouve confirmée. Il s'agit de la quête du Graal, ou d'un graal, d'une rédemption, d'un pardon, d'une humanité perdue. Dès lors, chronologiquement, le scénariste et le réalisateur filent la métaphore en posant sur le monde matérialiste un regard arthurien. Les péripéties du film sont autant d'occasions de traiter des passages obligés de la quête comme le démontre une analyse des images et de leur sens : les devoirs du chevalier, la source du Graal, la Dame, le Roi Pêcheur et enfin le Graal dont la nature est variable et surprenante.
Professeur de Lettres Classiques, titulaire d'une maîtrise de Latin mais également détenteur de la certification Audiovisuel et d'une Licence Cinéma et Audiovisuel, F. Hanin est passionné de lettres et d'images. Sa rencontre avec le cinéma de Terry Gilliam par le biais du film Brazil (1985) a été déterminante en ce qui concerne ses goûts cinématographiques et l’œuvre du réalisateur anglais occupe une place à part dans la liste de ses films essentiels. Depuis dix ans F.Hanin enseigne l'Audiovisuel et s'attache à transmettre sa passion à ses élèves. Il travaille actuellement à une étude de la notion de spectacle chez le réalisateur de The Fisher King (1991)