Mémoires d'une fille indocile

de Isabelle de Courtivron

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Mémoires d'une fille indocile

« Voici la clé de ton inépuisable sentiment de mal-être dans le monde des émotions : ne jamais devenir comme Marguerite. Ne jamais te résigner, ne jamais blâmer l’autre pour tes propres erreurs. Ne pas devenir une femme qui engloutit tous ceux ...

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« Voici la clé de ton inépuisable sentiment de mal-être dans le monde des émotions : ne jamais devenir comme Marguerite. Ne jamais te résigner, ne jamais blâmer l’autre pour tes propres erreurs. Ne pas devenir une femme qui engloutit tous ceux qui sont proches d’elle dans l’abondante amertume de ses larmes. »
L’auteur nous livre ici les mémoires d'une femme, libre et solitaire, depuis son enfance dans le Paris de l'après-guerre jusqu’à nos jours, en passant par son exil aux Etats-Unis et le chaos des années 1960. Ayant grandi au cœur d’une famille tourmentée, elle tente d'échapper aux mélodrames qui se jouent autour d’elle en se réfugiant dans la littérature. C’est déchirée entre deux pays, entre deux cultures - l'une française et l'autre américaine - et entre deux visions de la féminité, qu'elle se construit. En opposition totale avec le modèle maternel qu'elle a connu - une mère dépendante et entravée - elle choisit de devenir une femme libre, une fille indocile.

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Publié par champagne1789 : le 05/07/2016

https://lemondedetran.wordpress.com/2016/06/30/memoire-dune-fille-indocile-de-isabelle-de-courtivron/

Publié par d30os0 : le 05/09/2016

Le livre d’Isabelle de Courtrivon est exceptionnel. Par ce qu’il raconte : son histoire qui est comme ces contes orientaux où à chaque fois que le sens semble se clore, il se fend en deux pour laisser apparaître une nouvelle réalité. Et ce tant de fois, qu’à la fin tout ce qu’il y a à comprendre, c’est la défaillance de toute réalité. Par son contexte : une plongée dans la bourgeoisie qui lorgne vers l’aristocratie, et vice-versa, chacun se noyant dans ses failles psychologiques personnelles, et surnageant avec l’énergie folle de sauver les apparences sociales. L’auteure n’est exempte de rien, mais elle a le recul de l’écriture, le courage de refuser la reproduction de la folie familiale, et surtout l’honnêteté d’exprimer la plaie toujours ouverte de son amour/rejet pour chacun des personnages de cette famille violente parce que violentée. Par son style, chaque personnage est décrit minutieusement tout en ne cessant d’évoluer tout le long du livre. Il y a aussi des scènes grandioses, et d’autres totalement banales (comme ces vieilles américaines dévorant leur glace dans un café) qui sont pourtant inoubliables de par leur signification dans la quête de vérité de l’auteure. Il y a enfin cet apostrophe de l’auteure à elle-même, qui contrairement à un procédé d’écriture, provoque chez le lecteur une lucidité et un dialogue intérieur sur les possibilités de sa propre biographie. Bref, un grand livre, qui trouve une place bien spéciale dans la mémoire de celui qui l’a lu.

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