1984 Les Oranges amères de Petite Kabylie

de Jean-Claude Fournier

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1984 Les Oranges amères de Petite Kabylie

Serge et Christian, deux enseignants français, s’apprêtent à embarquer ensemble vers l’Algérie où ils ont choisi de devenir coopérants. La ville de Bejaïa leur ouvre les bras.

Pour Serge, le célibataire endurci, ce voyage est l’occasion de renouer avec les souvenirs de son service militaire, ef ...

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Serge et Christian, deux enseignants français, s’apprêtent à embarquer ensemble vers l’Algérie où ils ont choisi de devenir coopérants. La ville de Bejaïa leur ouvre les bras.

Pour Serge, le célibataire endurci, ce voyage est l’occasion de renouer avec les souvenirs de son service militaire, effectué dans la région d’Oran ; et  de retrouver la jeune et belle Leila, rencontrée vingt ans plus tôt.

Pour la famille de Christian, c'est le choix d'une nouvelle vie. Curieux d'une culture qu'ils ne connaissent pas, ils souhaitent rencontrer les locaux et découvrir un pays aux mille visages. Chacun d’entre eux devra gagner sa place dans une contrée qui a vécu la colonisation.

Serge retrouvera-t-il celle qu'il n'a jamais oubliée ? Christian parviendra-t-il à s'adapter à cette nouvelle société ?

À travers leurs yeux, redécouvrez un pan de l’histoire de l'Algérie, les épreuves politiques et sociales qui ont traversé le pays entre l’indépendance et la « décennie noire ».

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5 Commentaires

Publié par patrick-thiebaut : le 18/02/2020

Les oranges amères de Petite Kabylie est un bon roman. Il est écrit avec le talent propre à Jean-Claude Fournier, son souci du détail, lorsqu'il s'agit de décrire le quotidien de ses personnages, son humour, lorsqu'il narre les anecdotes propres à toute découverte d'une façon de vivre ou de penser propre à l'étranger, sa sensibilité lorsqu'il évoque à mi-mot, niché au fond de la mémoire, le souvenir furtif d'un sentiment à peine enfoui et qu'il voudrait préciser avant peut-être de le voir renaître. Tous mes voeux de succès pour ce nouveau roman

Publié par jean-claude-briere : le 09/03/2020

Le dernier roman de Jean-Claude mêle avec bonheur les genres : roman historique sur l'Algérie des années 80, histoire d'amour à la Roméo et Juliette entre un coopérant français et une algérienne, roman de voyage qui nous transporte au coeur du Sahara, analyse sociologique, politique et économique de la situation juste avant les émeutes de 1988 qui vont précipiter la chute de président Chadli et conduire à des élections remportées par le front islamique de salut. Le tout vécu par une communauté française de coopérants qui assistent impuissants à la détérioration de la situation, à la fuite en avant du régime vers plus d'arabisation du système scolaire et un code de la famille qui s'inspire de plus en plus de la charia. A lire absolument si l'on veut comprendre les enjeux de la crise actuelle dans le pays.

Publié par jean-claude-chabarot : le 10/03/2020

Ce livre est un mélange subtil de roman à dominante sociologique et historique d'une part, de roman d'apprentissage pour un cohorte d'enseignants idéalistes venus aider l'Algérie à consolider son indépendance, qui perdent peu à peu leurs illusions en étant confronté à la réalité d'un pays dans lequel ils avaient fondé leurs espoirs d'autre part. On peut également le lire comme une romance entre un français et une algérienne, romance qui se heurte à de nombreuses difficultés pour des raisons religieuses. Et enfin, cerise sur le gâteau, il peut se déguster comme un roman, d'exploration, d'aventure et de découverte en suivant les tribulations de ces coopérants voyageurs. Ces derniers découvrent en effet, durant les années passées là-bas, les étendues désertiques sahariennes (Biskra, Timimoun, Tamanrasset, Djanet, El Oued, Ghardaïa), ainsi que des sites historiques antiques (Tipasa, Djemila,). Ils le font en se référant à ce qu'en ont dit leurs illustres prédécesseurs : Maupassant, Gide, Camus, Fromentin, mais en en essayant de mettre à distance idéologique les clichés orientalistes des peintres, des écrivains et autres voyageurs occidentaux qui les ont devancés dans cette exploration d'un pays tout à la fois séduisant et insondable. Du point de vue sociologique et historique, tout en étant porté par les histoires des différents protagonistes de cette fresque d'une époque (les années 80), on glane une foule d'informations utiles sur les difficultés que vivaient les Algériens au quotidien en ce temps-là, problèmes qui expliquent pourquoi ils ont voté pour les islamistes en 88 et pourquoi ils manifestent aujourd'hui pour réclamer du pouvoir (c'est à dire de l'armée), qu'elle laisse enfin la société civile décider librement de son avenir et de ceux qui doivent les représenter dans les institutions. Jusqu'à présent, en effet, ces dernières n'ont été que des courroies de transmission au service d'une gérontocratie issue de la guerre d'indépendance. Mais le peuple estime désormais que ces anciens combattants corrompus par un demi siècle d'exercice sans partage des responsabilités au sommet de l'état n'ont plus de légitimité à gouverner aujourd'hui. C'est en tout cas, ce que pense majoritairement la nouvelle génération, qui n'a pas connu la colonisation et la guerre d'indépendance.

Publié par raymonde-felgines : le 21/04/2020

Ce livre se présente comme un récit de voyage, celui effectué par deux jeunes gens en Kabylie. Le pays, les villes et les villages sont clairement situés et d'autant plus finement décrits que l'auteur lui-même, au titre de la coopération, a autrefois enseigné en Algérie. Cependant, l'ouvrage n'a rien d'un dépliant touristique: aucune description plate et froide. Fournier nous livre ses impressions, son ressenti, avec une telle sincérité que nous devenons rapidement ses compagnons de voyage. Et plus nous avançons dans la lecture, plus nous nous imprégnons d'images fortes qui resteront en nous. Fournier a le don de nous faire partager ce que lui-même a vécu et ce qu'il fait vivre à ses personnages, les joies aussi bien que les difficultés rencontrées. Il entraîne son lecteur, en phrases amples et harmonieuses, dans un style qui lui est très personnel. L'intérêt historique de l'ouvrage est manifeste: au travers des diverses situations auxquelles les personnages sont confrontés, nous comprenons les difficultés sociales de l'Algérie de l'époque, l'évolution des mentalités, la tentation de l'Islam radical. Certains lecteurs se contenteront peut-être de ces divers intérêts - narratif, littéraire, historique. Mais avant de fermer le livre, d'autres seront portés à réfléchir de façon plus générale: quels sont les fondements d'une société? Serait-ce la religion? Des aspirations communes? Une certaine façon de vivre? Et qu'est-ce qui peut précipiter une société dans le chaos ou la guerre civile? L'auteur ne fournit pas de réponses. Il nous livre les problèmes posés, ce qui donne à l'ouvrage une vraie dimension philosophique.

Publié par odile-monin : le 29/04/2020

Merci  à JC Fournier d'avoir écrit ce livre avec son coeur et ses souvenirs encore si présents en lui. La lecture de ce roman ma permis de découvrir un pays que je ne connais pas et m'a replongé dans mon enfance lorsque les "pieds noirs" rentraient en France en 1962. Je me souviens et je comprends mieux le déchirement que ressentaient les parents et les enfants d'avoir quitté un pays dans lequel il faisait si bon vivre à cette époque. Dans ce livre entre roman et documentaire, l'auteur nous transmet, avec la précision qui le caracterise, sa nostalgie encore à fleur de peau et ses interrogations sur le devenir de cette jeunesse qui a soif de liberté. Je conseille vivement cette lecture  qui décrit un changement d'époque avec une évolution que l'on n'attendait pas forcément dans ce sens compte tenu de la crise actuelle.

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