Ça ira mieux quand on sera mort

Roman de guère

de Jean-Yves Méreau

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Ça ira mieux quand on sera mort

"Nous courions comme des fous dans cette ville endormie", ainsi commence ce roman bouleversant, déroutant, course éperdue à la fin tragique, dans un voyage au bout de la vie. Commencé dans une Ville où l’on peut reconnaître Lille, il se poursuit dans une Île où l’on peut reconnaître Belle-Île en mer, d'un ...

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"Nous courions comme des fous dans cette ville endormie", ainsi commence ce roman bouleversant, déroutant, course éperdue à la fin tragique, dans un voyage au bout de la vie. Commencé dans une Ville où l’on peut reconnaître Lille, il se poursuit dans une Île où l’on peut reconnaître Belle-Île en mer, d'un huis-clos, l'autre, mais peu importe les lieux. Il commence dans l’après-guerre, dans les années 68, et fait se croiser et se rencontrer quantité de personnages improbables ou réels, désignés par une initiale ou un sobriquet, suivant leur degré d’intimité avec les narrateurs. Dans une multitude de situations dont beaucoup auront la conviction de les avoir vécues, tout ce monde est sur une route, sur la route, sur des routes qui se croisent sur fond de musique, d’alcool, de sexe, dans les bistrots, les piaules, les ateliers d’artistes ou au travail, avec enthousiasme, joie de vivre ou spleen et désespoir, dans de grands ou petits débats et ébats. Dans ce roman sans intrigue et sans héros, l'histoire se construit imperceptiblement par petites touches, rencontres successives en un tableau pointilliste et surréaliste, abordant au passage de grands sujets sérieux. La langue est utilisée dans toutes ses possibilités du grand classicisme au patois lillois, avec des images poétiques, des envolées lyriques. Un roman inclassable hors des chemins actuels.

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1 Commentaire

Publié par jerome-daquin-1 : le 05/10/2020

Jean-Yves Méreau est incroyable. Avec « Ça ira mieux quand on sera mort » (Librinova), il m’a enchanté toute la fin de mon été avec un roman de pas loin de 500 pages sans intrigue aucune ! Quand je dis qu’il m’a enchanté, je veux dire que son roman n’est pas une histoire à l’eau de rose, non. C’est même parfois noir de chez noir (mais j’aime ça)… C’est une foule de gens croisés les uns après les autres dans sa vie, dans sa ville, vers la fin des années 60. Sa ville, sa vie aussi, c’est Lille, mais pas que… D’abord, c’est Lille, mais Lille d’avant, une ville où l’air que l’on respirait n’est pas le même qu’aujourd’hui, où les bières avaient pour noms « La Semeuse », « Jeanne d’Arc » ou « Coq Hardi »… Ensuite, ça sa passe aussi ailleurs, notamment dans une île bretonne, sans doute Belle-Ile… Jean-Yves Méreau a l’habitude d’écrire. C’est une plume, comme on dit : il traîne derrière lui un lourd passé de journaliste et d’essayiste. Toutefois, « Ça ira mieux quand on sera mort », c’est son premier roman. Et même si le quotidien où il a sévi s’appelle « La Voix du Nord », JYM – appelons-le ainsi puisque nous sommes entre nous – échappe avec brio au genre « littérature régionale », grâce à un style tout à fait particulier. S’il trempe de temps à autre sa plume dans le patois lillois (il y a plein de patois différents dans le Nord, c’est pour ça que je précise), il écrit surtout dans un français flamboyant, évoquant tantôt Zola avec une galerie de personnages qui se connaissent plus ou moins, façon Rougon-Maquart, mais aussi des écrivains moins conventionnels, comme San-Antonio, virtuose de l’exclamation mais également maître dans l’art du portrait de personnages excessifs ou improbables. En plus, JYM – faut que j’arrête de l’appeler comme ça, il va me massacrer – aime tellement la langue française qu’il n’ a pas peur de citer Bob Dylan en anglais dans le texte, ni de manier avec adresse de bretteur l’imparfait du subjonctif. Pas d’intrigue, ai-je osé dire au début de mon propos. Pas de héros, non plus. Le narrateur est tantôt « je », tantôt « nous », mais le lecteur s’y retrouve, au fil des trois parties du livre, et c’est en le refermant qu’il réalise qu’il y avait une histoire. « Nous courions comme des fous dans cette ville endormie » : c’est la première phrase de ce « roman de gère » que je vous recommande chaudement. La dernière, c’est : « Seule la mort peut guérir le mal de vivre. Arrêter la course insensée dans la ville endormie. Vrai ! Ça ira mieux quand on sera mort !Putain de moine ! » Entre ces deux phrases, l’auteur -visiblement allergique au « politiquement correct » – règle quelques comptes avec le conformisme ambiant d’aujourd’hui, résultat de bien des trahisons de la part de quelques soixante-huitards : « rares sont les hommes qui résistent au diplôme et à son prestige ».

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