Week-end meurtrier à Orléans

de Michel PRUNER

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Week-end meurtrier à Orléans

Stéphan Crimolois, juge d’instruction à Orléans, soupçonne sa femme Marianne de le tromper. Il est vrai que leur vie intime est un désert depuis le début de leur mariage et que sa belle épouse suscite les convoitises. Adulée par Samuel, un étudiant rêveur, elle est également courtisée par le sulfureux ...

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Stéphan Crimolois, juge d’instruction à Orléans, soupçonne sa femme Marianne de le tromper. Il est vrai que leur vie intime est un désert depuis le début de leur mariage et que sa belle épouse suscite les convoitises. Adulée par Samuel, un étudiant rêveur, elle est également courtisée par le sulfureux professeur de philo, Alex Carracala.
En pleine crise conjugale, Crimolois doit instruire une sordide affaire criminelle : un corps mutilé a été trouvé en pleine nature aux abords de la ville. Sans compter qu’à l’affreuse découverte s’ajoute bientôt un autre fait divers sanglant. Samuel a été battu à mort lors de la célébration annuelle de Jeanne d’Arc.
Qu’est-il arrivé au jeune homme ? Les deux crimes sont-ils liés ou ce week-end meurtrier est-il un caprice du hasard ?
Michel Pruner nous embarque dans une histoire au suspense latent, à la croisée entre fiction policière et drame romantique.

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Publié par jean-loup-martin : le 14/06/2019

Michel Pruner publie Week-end meurtrier à Orléans en autoédition chez Librinova. La quatrième de couverture dit que l’auteur « nous embarque dans une histoire au suspense latent, à la croisée entre fiction policière et drame romantique ». Il faudrait ajouter : « et drame politique », car ce livre est autant voire plus un roman politique (et aussi psychologique) qu’un roman policier ; ce n’est pas l’enquête policière que le lecteur suit en priorité, mais l’analyse psychologique, approfondie, « sinueuse » en quelque sorte (on suit les « méandres » des personnages, en particulier comment l’un d’eux se découvre juif), et puis l’analyse politique : le FN, l’extrême droite, le racisme, le rôle des « élites », les élections, la violence de certains militants « fascistes » … Tout ceci en relation avec Les Caprices de Marianne d’Alfred de Musset, comédie que Michel Pruner, acteur, metteur en scène, professeur de théâtre, a mise en scène à plusieurs reprises et qu’il connaît en profondeur : ici il la détourne avec virtuosité, la transposant dans notre monde de brutes. Il est d’ailleurs fascinant de retrouver, en filigrane, cette pièce de Musset tout au long de ce Week-end meurtrier à Orléans. Le lecteur est amusé par les noms donnés à certains personnages, où l’on retrouve l’humour vachard de Musset lui-même dans les noms qu’il a donnés à certains personnages de son théâtre. L’un des personnages de Michel Pruner, Caracalla, professeur de philosophie, porte un nom d’empereur romain. Le juge Crimolois évoque un « crime aux lois » (peut-être quelqu’un qui poursuit les « crimes contre les lois »). Le nom du commissaire Pissevin est évident, et fait penser à l’expression « pisse-vinaigre », ce qui semble d’ailleurs confirmé par cette indication (page 229) : « (…) Pissevin, lequel se montre volontiers pisse-vinaigre ». On retrouve évidemment Marianne, ce qui permet d’ailleurs à l’auteur une allusion … « politique » (page 43) : « J’ai pensé a priori qu’il s’agissait d’une farce vaguement politique, dans le contexte des prochaines élections » dit Cynthia à propos de la pièce de Musset. Il faut souligner aussi le rôle de la musique classique. Les mélomanes aimeront le choix des œuvres : la cantate Christ lag in Todesbanden de Bach, le Quintette avec piano de Schumann, le Concerto pour violon de Brahms, le Quatuor La Jeune Fille et la Mort de Schubert. Des œuvres qui accompagnent la vie et la mort des personnages, qui donnent une couleur à leur destin. Le chapitre des pages 93 à 102 (la discussion entre Samuel et Alex, deux personnages importants) est l’une des « clefs » de ce roman : outre qu’on y retrouve le Concerto pour violon de Brahms (dont Michel Pruner fait une belle analyse) et, évidemment, Les Caprices de Marianne de Musset, dont Samuel et Alex font une brillante analyse, ce sont deux conceptions du monde qui s’affrontent, sourdes l’une à l’autre ; c’est le début du cheminement de Samuel, c’est l’incompréhension d’Alex, qui se la reprochera à la fin. Et le lecteur comprend alors « le processus interne qui (fait) agir les personnages » (page 96). Michel Pruner nous a donné, avec ce Week-end meurtrier à Orléans, un livre dense, fort, que le lecteur, porté par l’intrigue policière et par la finesse de l’analyse psychologique et politique, suit avec passion.

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