Emmanuel Macron a fait de l’ironie sa marque de fabrique. En France, ce sarcasme est souvent vu comme une preuve d’intelligence et de modernité. En Afrique, il est majoritairement perçu comme une marque de mépris, voire de paternalisme colonial. Ce livre enquête sur ce décalage fondamental et sur ses conséquences géopolitiques : montée d’un sentiment anti-français (mal nommé par l’élite française), multiplication des putschs au Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger), retrait militaire humiliant de la France, et émergence d’un souverainisme africain inédit.
L’auteur ne se contente pas d’un constat. Il démonte le discours de l’élite française qui parle d’« ingratitude » ou de « manipulation russe », et propose une grille de lecture alternative : les peuples africains aspirent simplement à l’autonomie, et Macron, par son arrogance supposée, a accéléré cette prise de conscience. Plus audacieux encore, l’ouvrage explore l’hypothèse d’un double jeu : et si le président français avait sciemment choisi d’être détestable pour provoquer le sursaut de fierté africaine, quitte à se faire lapider par ses propres compatriotes ? Cette thèse – « la providentielle ironie » – est posée comme une hypothèse ouverte, sans être affirmée, ce qui donne à l’essai une dimension réflexive rare.
YEMESUM est un ingénieur africain, ancien élève de l’École polytechnique de Yaoundé (Cameroun). Pendant plus de trente ans, il a travaillé dans l’industrie, alternant entre le Cameroun, la France et le Canada. Cette double expérience – technique et biculturelle – lui a donné une capacité unique à décoder les discours politiques sous l’angle des non-dits et des émotions. Sous ce nom d’emprunt, il livre sa première enquête sur les relations France-Afrique, alliant rigueur d’ingénieur et sensibilité de terrain. Il vit aujourd’hui entre Paris et Douala.