Interview de Paul Ivoire, auteur en guerre contre l’ennui

Photographie : Cécile Gorce

 

Aujourd’hui, nous vous présentons Paul Ivoire, l’auteur atypique de La guerre des Millions ! Rencontré au Salon du Livre lors de notre concours de pitchs vidéo, il nous avait présenté le concept de son roman  – une guerre des boutons moderne – et nous avions tout de suite adoré ! Quelques semaines plus tard, il nous confie son roman, qui connaît depuis un succès fulgurant… Il a accepté de partager son univers littéraire avec nous au détour de quelques questions :

 

Comment êtes-vous devenu auteur et depuis quand écrivez-vous ?
J’ai commencé à écrire en CP… et je ne me suis jamais arrêté. J’ai expérimenté différentes formes d’écriture en grandissant : des poèmes, des pièces de théâtre, un journal intime, d’innombrables lettres manuscrites – Internet n’existait pas encore –, des articles de journaux et des scénarios de spectacles avant de m’épanouir dans le roman depuis une dizaine d’années. Certains sont des boulimiques de lecture, moi, je suis un boulimique d’écriture.

 

Quel mot vous définit le mieux ?
Créatif.

 

Quelles sont vos sources d’inspiration ?
La littérature jeunesse, mon épouse, mes enfants, la montagne et la nature en général.

 

Quand et comment vous est venue l’idée d’écrire La guerre des Millions ?
Dans mon souvenir, c’était juste avant la fermeture de l’école de mon village, en 2014. Louis Pergaud avait décrit une guerre des boutons qui opposait les enfants de Longeverne et Velrans dans les années 1900. Avec la construction des pôles scolaires, ce type de guerre n’a plus aucun sens aujourd’hui. Il subsiste néanmoins des rivalités tenaces dans nos campagnes et c’est cette réalité que j’ai voulu romancer. Le scénario définitif m’a été inspiré par une citation de Marcel Pagnol : « Tout le monde pensait que c’était impossible. Un imbécile est venu qui ne le savait pas, et qui l’a fait ». C’était le sujet du concours du prix Nouveaux Talents 2015 organisé par la Fondation Bouygues Télécom et les éditions Jean-Claude Lattès. Je n’ai pas gagné le concours mais j’ai gagné un roman.

 

Pouvez-vous me parler de votre expérience avec Librinova ?
C’est une belle et improbable alchimie. Je vous résume les faits :

     

  1. J’envoie un manuscrit par courriel chez Fleuve Editions en janvier 2016 (ce type de démarchage est encore marginal dans l’édition mais il devrait se développer, qu’on le veuille ou non).
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  3. Le manuscrit est refusé (ça, c’est moins marginal…).
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  5. Fleuve Editions me conseille l’autoédition numérique chez Librinova.
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  7. Je ne donne pas suite pour deux raisons : la publication numérique me fait peur et les éditeurs que j’ai eu la chance de côtoyer me l’ont toujours déconseillée.
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  9. Ophélie me relance une semaine avant le salon du livre de Paris. J’ai l’intention de m’y rendre. Nous n’arrivons pas à nous fixer un rendez-vous mais je lui promets de passer la voir.
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  11. Je me renseigne sur Librinova, découvre la librairie, les formules de publication… et le concours de pitchs vidéo.
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  13. Je suis les conseils de Charlotte et je prépare un petit texte, au cas où.

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  15. A Paris, le 19 mars, le stand de Librinova est en effervescence. Je croise rapidement Laure, puis Ophélie, puis Anaïs qui me proposent de revenir plus tard pour le pitch car un certain Douglas Kennedy arrive…

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  17. Une heure plus tard, Anaïs m’installe sur une chaise, se place derrière la caméra, me donne un micro dans la main droite, et c’est parti ! En moins d’une minute et en une seule prise, le roman est dans la boîte ! (Bravo au passage à tous les auteurs qui se sont prêtés au jeu car l’exercice n’est pas simple).

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  19. J’ai la chance de pouvoir discuter cinq minutes avec Charlotte entre deux sandwiches après le pitch. Si vous hésitez encore à vous lancer dans l’autoédition numérique, faites sa connaissance, elle n’aura aucun mal à vous convaincre.

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  21. Nous gagnons conjointement le concours avec Lucie Beluga et je reste un peu en apesanteur devant la page Facebook qui annonce le résultat. Cette fois, je suis obligé de me lancer.

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  23. Le roman est donc en ligne depuis le 5 avril et je ne le regrette pas du tout. Le principal atout de l’autoédition numérique est de rendre l’auteur actif. Il est enfin possible de motiver ses proches, de renouer des liens, de rencontrer d’autres lecteurs. Le plus de Librinova, indépendamment de toute considération financière, est de soutenir et de valoriser les auteurs en leur facilitant l’accès au monde de l’Internet.

 

Avez-vous un prochain livre ou projet en tête ?
L’avantage d’avoir cherché des éditeurs traditionnels pendant dix ans est d’avoir déjà écrit les prochains romans. Tout est donc prêt pour la suite, notamment en littérature jeunesse. Je réserve cependant deux autres fictions pour adultes à Librinova : Double Axel, une comédie policière, et Quand reviendront les cygnes, une comédie romantique à suspense.

 

J’ai parallèlement toujours trois ou quatre idées dans la tête. J’aimerais bien, entre autres, participer à l’élaboration d’un scénario de série télévisée – même si je n’y connais rien. Vous avez certainement entendu parler de Prison Break. Je vous propose Prison Brain. Le premier épisode se déroulerait à Fox River – la prison de la série –, mais partirait ensuite dans une direction totalement inattendue.

 

 

Portrait chinois

 

Si vous étiez un écrivain célèbre, vous seriez :
Alexandre Dumas.

 

Si vous étiez le personnage d’un roman, vous seriez :
Sam Gamegie dans Le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien, une trilogie que j’ai dévorée quand j’avais dix-sept ans.

 

Si vous écriviez vos mémoires, le titre en serait :
Je n’en sais rien. Pour le moment, je préfère continuer à écrire des histoires. Qui seront peut-être tout simplement mes mémoires en définitive.

 

Si vos livres étaient adaptés au cinéma, quel acteur voudriez-vous pour jouer le rôle ?
Au risque de perturber l’imagination des lecteurs, je me vois bien croiser Jean Dujardin sur le tournage de La guerre des Millions.

 

Si vous organisiez un dîner exceptionnel, qui seraient vos invités idéaux ?
Des lecteurs et des artistes. Je suis fasciné par les illustrateurs, les peintres, les sculpteurs, les acteurs de cirque, les réalisateurs de cinéma, les musiciens, et avant tout par les compositeurs de musiques de films. Avoir notamment à ma table John Williams (Star Wars, Harry Potter), Hans Zimmer (Pirate des Caraïbes, The Holiday), Michael Giacchino (Les indestructibles), Howard Shore (Le Seigneur des Anneaux), Alan Menken (Aladdin) et Alexandre Desplat (La doublure, Le discours d’un roi), serait un immense honneur.

2 commentaires

Publié par DOCQ : le 9 juin 2016

Bravo à Paul. Je commence à lire son livre et je suis déjà ravie

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