Comment mobiliser son réseau pour faire connaître son livre selon l’autrice Valérie Van Oost ?

Quand Librinova m’a demandé mes conseils sur la mobilisation de son réseau pour faire connaître son livre, cela m’a fait sourire. Après, je l’avoue un frétillement de mon ego. Savez-vous que, quelques jours avant de publier mon livre, la plupart de mes proches (même mes parents) ne savaient même pas que j’avais écrit un roman ? Je partais de loin. Comme vous l’avez deviné, je cultive la discrétion. Mon roman s’intitule « Hurler sans bruit ». Mais là, il fallait en faire…

1. Établir un plan d’action

Je pensais avoir fait le plus important en terminant mon roman. Le point final n’est que le début d’une autre aventure. J’ai défini un premier plan d’actions de communication. Je partais avec un avantage, je travaille dans la communication. Et deux points faibles, je ne connaissais rien à la promotion du livre et parler de moi ne m’est pas naturel… Heureusement, Internet regorge d’informations précieuses, de groupes d’auteurs et le blog de Librinova de bons conseils. Comme l’article de Ségolène Bourlard pour établir un plan marketing.
J’ai misé ma communication sur mon réseau. Bon, il fallait d’abord que j’appelle mes parents pour leur annoncer que je publiais un roman…

 

2. Mettre en route ses réseaux

Nous n’avons pas un réseau, mais de nombreux réseaux. Famille, amis, professionnels, parents d’élèves, cercles de lecture ou de tricot, sans compter les réseaux sociaux… Travailler ses réseaux est fructueux et gratifiant, c’est un cercle vertueux qui s’agrandit.

Je préfère largement Word à Excel, mais, j’ai constitué des tableaux de contacts. J’ai repris mes fondamentaux professionnels : réfléchir à des messages adaptés aux différentes cibles, à un moyen de communication en fonction du public (le téléphone pour mes parents, le mail personnalisé pour les proches et les amis, le mailing pour de simples relations, etc.).

Et puis, comme pour les réseaux de la vraie vie, il y a les réseaux sociaux. Pareil, chaque réseau à son type de message. J’ai défini une liste de posts différents pour Twitter, Facebook, Instagram et LinkedIn, listé les hashtags. J’avais prévu des teasings avant la sortie du livre. Bref, tout était taillé au cordeau.

 

3. Méfiez-vous du réseau qui dort

Mon plan de com a explosé avant même d’être mis en place. Mais pour la bonne cause ! J’avais prévu une sortie de mon roman vers le 20 novembre 2018 en numérique et papier. Je n’avais pas imaginé que mobiliser mon réseau pouvait porter ses fruits tout de suite ! J’avais parlé du processus d’autoédition à un ami journaliste chez BFM. Quelques jours après une de ses consœurs m’appelait pour me proposer un reportage sur cette démarche. Nous en étions à la maquette… Évidemment, le reportage devait être réalisé et diffusé dans la semaine. Pas question que la version numérique ne soit pas en ligne. Branle-bas de combat, appel au secours à Madeline de Librinova. Viiiite. J’ai pu mesurer dans l’urgence, et en d’autres moments, toute la réactivité et l’implication de l’équipe. Je vous épargne mon stress d’être filmée, les répétitions de mon pitch devant mon mari la veille…

À 6 heures du matin le 25 septembre 2018, j’étais dans et devant ma télévision. Aussi vidée que mon plan de communication.

 

4. Le réseau familial et amical

C’est un réseau bienveillant et d’un immense soutien. Il est essentiel pour démarrer, ils sont vos premiers acheteurs, ils seront là à vos premières signatures. Ce sont les personnes à qui vous pouvez clairement faire part de vos objectifs (par exemple viser le Graal des 1 000 exemplaires) et que vous avez besoin d’eux pour faire connaître votre livre. C’est un réseau qui est prêt à vous ouvrir son réseau. Mon père en a parlé à un blogueur influent dans ma ville d’origine (cela m’a permis d’avoir un article). Ma sœur et un ami font partie de clubs de lecture, ils l’ont ainsi partagé. C’est un réseau qui se démultiplie, qui parle de vous, de votre livre, l’offre autour de lui… Il vous met le pied à l’étrier en laissant les tout premiers avis permettant d’augmenter votre visibilité.

 

5. Faire connaître son livre à un réseau plus large

Contrairement aux proches, impossible de demander cash à un cercle plus éloigné de se jeter sur Internet ou dans une librairie pour commander votre livre ! Mais, ce sont des contacts à ne pas négliger. J’ai adressé un mailing au réseau très élargi pour les inviter à la soirée de lancement organisée dans un café littéraire.

J’ai utilisé MailChimp, un outil d’envoi de mails gratuit qui permet de faire une mise en page (et de savoir qui a ouvert votre mail, qui a cliqué…). Cela permet aussi d’indiquer vos réseaux sociaux, de proposer de vous suivre. Là aussi, j’ai reçu un accueil chaleureux. À cette soirée, sont venues des personnes que je n’avais pas vues depuis longtemps. Certaines sont venues avec des amis fans de lecture. D’autres m’ont fait des retours, ravies d’apprendre que j’avais commis un livre.

En plus d’informer sur la sortie de votre livre des gens que vous voyez peu, ce type d’événements permet de nourrir de manière vivante vos réseaux sociaux. Car l’animation des réseaux sociaux est essentielle dans sa stratégie. Il faut la réfléchir pour que les posts vous ressemblent, qu’ils rendent « désirable » votre livre et votre univers d’auteur, en ne se limitant pas à « oyez, oyez, achetez mon livre ». De mon côté, j’ai alterné les extraits, les retours de lecture, les rebonds sur l’actualité en lien avec les thèmes de mon livre, les rencontres sur les salons du livre, quelques photos personnelles. J’avais, pour cela, établi un planning de publications. Cela permet de gagner du temps, de préparer en amont des visuels avec Canva.com, outil simple et précieux de création, de programmer vos publications (sur la version pro de Facebook, sur Tweet.deck…)

 

6. Utiliser le réseau professionnel ?

Que faire des relations strictement professionnelles, de mes partenaires de travail, de mes clients ? Je me suis interrogée sur la façon de les toucher. Est-ce que je dois mélanger ma communication professionnelle et mon roman, qui est une aventure personnelle ? Est-ce que je prends le risque qu’un de mes clients n’apprécie pas mon roman ou soit choqué par l’unique scène de sexe de l’histoire ? Je suis indépendante et je vends des contenus rédactionnels, cela me faisait un peu peur…

Rassurée par les retours positifs et les bonnes chroniques, je me suis lancée dans un deuxième temps. J’ai posté sur LinkedIn, qui est le réseau social sur lequel j’ai le plus de contacts, des nouvelles de mon livre sous un angle plus professionnel (des retours presse, des salons du livre, un article sur l’enrichissement de mon activité professionnelle grâce à cette aventure d’autoédition…).

J’ai mis, également, en signature de mes mails professionnels une bannière sur « Hurler sans bruit » qui a permis de gagner de nouveaux lecteurs.

 

7. Et le réseau littéraire grandit…

Et puis, il y a ces relations qui naissent avec d’autres auteurs. Via les groupes, les échanges avec quelques librinoviens que j’aimerais bien rencontrer en vrai, comme Cécile Blanche et d’autres. J’ai apprécié les échanges et les conseils bienveillants de Marilyse Trécourt, rencontrée au salon du livre de Paris. Les salons du livre m’ont d’ailleurs permis de faire de belles rencontres, de tisser des relations chaleureuses, voire amicales.

Ce réseau est précieux, il permet de ne pas se sentir seul avec ces questionnements d’auteur, d’échanger des bons plans. Ainsi, lors de mon premier salon, un auteur m’a donné de nombreux contacts pour m’inscrire à d’autres salons. Une autre a communiqué mon nom un journal pour rédiger une tribune sur l’injonction de la maternité (en lien avec le sujet de mon livre).

Enfin, et surtout, il y a les lecteurs, blogueurs, bookstagrameurs (cercle que j’ai également travaillé à développer) qui vous soutiennent, viennent faire grandir vos réseaux sociaux et leur donne une nouvelle raison d’être. Tout à coup, vous avez votre public (petit, il faut rester modeste !). C’est une chance et une magnifique relation que j’ai envie de poursuivre à travers de nouvelles aventures littéraires. Alors, ne le dites pas à mes parents, mais j’écris un deuxième roman.

Valérie Van Oost

 

Pour aller plus loin :

→ Promouvoir un livre : pourquoi et comment faire ?

→ Comment obtenir des avis et les réutiliser pour faire sa promotion ?

→ Comment organiser une séance de dédicaces pour son livre ?

 

 

7 commentaires

Publié par Blanc Déborah : le 2 octobre 2019

Très bien argumenté et expliqué mais cela ne fonctionne que lorsque les autres veulent bien se mobiliser. En ce qui me concerne, même pas cinq de mes collègues ont acheté le livre, idem pour la plupart de mes connaissances. Il y a chez certains de la jalousie avérée. Pour d’autres une indifférence totale. Après 1 mois et demi, mes meilleures ventes sont des personnes inconnues qui l’ont su via les réseaux sociaux. J’ai mis en place tout un tas d’actions. Je suis très active sur les réseaux sociaux concernés par le thème de mon livre dont une partie des recettes devait être reversée à la Ligue contre le Cancer mais ce ne sera pas le cas car même cela ne mobilise pas les foules (en plein octobre rose c’est même d’une terrible ironie). Donc si le réseau amical, relationnel et professionnel stagne par indifférence ou jalousie, il est difficile de donner l’impulsion nécessaire. Cette expérience est une bonne leçon de vie. Je ne regrette pas de l’avoir tentée mais l’aventure s’arrêtera à la fin de mes 12 mois d’abonnement. Bonne chance aux autres.

Publié par Leroy Marie-Thérèse : le 2 octobre 2019

BRAVO Valérie !

Publié par Marie Laurent : le 3 octobre 2019

Je pense comme vous, Déborah. Mes contacts (Facebook compris) sont auteurs, ou pas intéressés par le genre où je publie (le sentimental historique), voire carrément méprisants; d’où très peu de réactions et de ventes. Quelques amies dans le même cas me soutiennent et j’ai eu des chroniques à la suite de SP lancés de ma propre initiative, mais émanant de blogs confidentiels, elles sont très peu lues. Plutôt décourageant. Quant aux éditeurs, ils comptent sur les auteurs pour se promotionner.
Malgré tout, je continue à écrire par plaisir et à publier si je peux. Bon courage!

Publié par NATHALIE MALBEC : le 3 octobre 2019

Même retour pour moi, à l’identique de Déborah et Marie. C’est dommage de passer autant de temps sur un livre, reconnu pour sa valeur par les critiques littéraires et blogueurs mais qui ne trouve pas un public…
De ce que je connais, les excellents retours promotion-vente émanent de personne ayant une qualification dans la communication que ce soient des graphistes, des vendeurs (pas péjoratif chez moi), des communicants. Leur second talent s’allie au premier et ils savent faire monter la mayonnaise…
Lorsqu’on sait qu’en MOYENNE un auteur chez Librinova réalise 200 ventes, on comprend que certains en vendent des milliers et d’autres aucun… C’est mathématique.
Faisons nous plaisir avant tout, pour le reste…

Publié par TNK : le 5 octobre 2019

Le cas de Valérie, s’il est intéressant et si certains éléments peuvent nous inspirer, ne peut hélas être généralisé. Tout le monde n’a pas dans ses contacts un journaliste chez BFM, or dans son cas, ça a dû aider grave !

Et même si on a des contacts dans les médias, ces derniers sont parfois bridés. Un chroniqueur télé que j’ai contacté s’est par exemple montré très étonné du professionnalisme de mon dossier de presse, mais m’a dit que mes chances de passer à l’antenne sont proches de zéro, car en haut lieu il avait été décider de ne présenter que les ouvrages d’auteurs publiés à compte d’éditeur… Il a néanmoins pris mon livre, on verra…

Le récit de Valérie précise aussi que son père lui a décroché un blogueur influent. Tant mieux pour elle. Le mien ne risque pas de suivre cet exemple : il ne sait même pas ce qu’est un blog !

Par contre, je peux donner un conseil à tous les auteurs habitant en campagne, et particulièrement dans une région à forte identité culturelle (Corse, Bretagne, Pays Basque, Alsace… sans que cette liste ne soit limitative) : faites imprimer des flyers en précisant qu’acheter votre livre, c’est soutenir un auteur du cru, puis allez patiemment mettre votre flyer chez tous les commerçants ainsi que dans les boîte aux lettres au domicile des gens. Ca, ça fonctionne du tonnerre… même si vous ne connaissez personne chez BFM !

Publié par Valérie Van Oost : le 8 octobre 2019

Bonjour,
J’ai lu vos commentaires. Je voulais juste préciser que mon réseau ne s’est pas levé d’un seul coup pour courir acheter mon livre. Il a fallu des relances (en profitant par exemple de signatures pour les inviter pour que ce ne soit pas trop lourd !). Certains ont acheté le livre plusieurs mois après… Bref, c’est un travail de longue haleine. Bien plus long que je ne le pensais.
Ces réseaux ont permis de donner une impulsion de départ. Après, l’animation des réseaux sociaux a beaucoup joué.
Je trouve intéressant le témoignage de TNK sur la façon d’utiliser l’ancrage local qui est important.
J’espère simplement que quelques petites pistes vous seront utiles avec ce billet de blog.

Publié par Blanche : le 5 novembre 2019

Quelle ne fut pas ma surprise, ma chère Valérie, de me voir citée dans ton bel article! Une bise en passant et bravo pour ton article. Le réseau d’auteurs est selon moi de plus en plus précieux au fur et à mesure que je poursuis l’aventure de l’auto édition. C’est un grand soutien pour moi! AU plaisir de se voir en vrai !

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