C’est un récit puissant qui retrace l'éveil et la rédemption d'une femme chinoise confrontée à une crise existentielle multiple en terre étrangère. Au-delà du récit intime, Les Chemins interroge les structures de domination et d'aliénation qui broient l'individu, qu'il s'agisse de l'autoritarisme sanitaire ou de l'emprise conjugale en terre d'exil.
L’intrigue s’ouvre dans l’unité périnatale d’un hôpital spécialisé à Paris. L’autrice y est transférée d'urgence, en pleine nuit, pour accoucher. Sous protection sociale après avoir fui l’emprise et la violence psychologique de son mari, elle se trouve dans un état d'insécurité absolue. Le récit débute par la tension de l’accouchement, mêlant la crudité de la douleur physique aux déchirements intérieurs, plongeant d'emblée le lecteur dans une urgence viscérale.
Au sein du microcosme de l’hôpital, elle côtoie d’autres mères issues de l'immigration. Dans cet univers régi par les protocoles médicaux et l’assistance sociale, elle entame une réflexion profonde : comment une femme peut-elle dire « non » sous le poids conjugué des oppressions sociales, culturelles et familiales ?
Plus qu'un récit sur la maternité, il s'agit d'une longue marche vers la reconstruction de soi, pour sa fille et pour sa propre dignité. C’est le portrait d'une femme, mais aussi celui de milliers d’autres, prises entre les politiques d'État contestées, les non-dits d'une ascension économique fulgurante, et la quête universelle d'égalité au sein du foyer.
Je suis née dans la Chine des années 1980, sous la politique de l’enfant unique, deuxième fille d’une famille qui attendait un garçon. Le jour de ma naissance, mon père a failli m’abandonner.
Plus de trente ans plus tard, enceinte de huit mois en France, j’ai dû quitter mon domicile pour être hospitalisée parmi des femmes en situation de précarité. Moi, je ne savais toujours pas si ce que je vivais pouvait s’appeler « violence ».
C’est là que j’ai commencé à écrire.
En remontant le chemin de mon couple, j’ai retrouvé mon enfance, mes parents, leur époque, l’exil, le Covid, puis cette question : quelle part de notre vie avons-nous réellement choisie ?
Les Chemins raconte comment l’Histoire entre dans l’intimité, comment ses blessures traversent les frontières et les générations, comment le corps féminin en porte la trace.
Et comment devenir mère peut soudain rendre une question urgente : parmi tous les chemins dont nous héritons, lesquels transmettrons-nous à nos enfants ?