« Voyez-vous, monsieur Banel, un flocon de neige est ce qu’il y a de plus insignifiant dans ce bas monde. Ça n’a pas de destin, ça n’a pas d’avenir, ça tombe au gré du vent. La moindre chaleur, un rayon de soleil, les paumes d’un enfant… et il n’est plus. Voyez-vous que par un miracle de Dieu, le mien ou le vôtre, ce flocon se transforme en boule de neige. Et qu’elle tombe et elle roule, et qu’elle grossit, et qu’elle grandit. Et que par son propre miracle, elle devient avalanche. Voyez-vous qu’il y a un village sur son chemin, dans lequel se trouvent les meilleurs hommes sur terre et les pires diables de la création. Les deux. Et que cette avalanche les emporte tous, sans discernement… pois chiches et raisins secs. Diriez-vous qu’elle a bien tué ou qu’elle a mal tué ? Diriez-vous que c’est l’avalanche qui les a tués ou que c’est le flocon de neige ? Moi… je ne suis qu’un insignifiant flocon de neige dans cette putain de tempête. Voyez-vous mon avalanche, monsieur Banel ? »
Je suis féru d’histoire, passionné de littérature et lecteur compulsif. L’histoire dans son intimité la plus inavouable est l’un des constituants majeurs de mon œuvre. J'aime zoomer l’infiniment insignifiant et moquer l’extrêmement grave. Je construit mes intrigues de manière labyrinthique, un récit dans un récit dans le récit. Les héros de mes labyrinthes sont loin d’être héroïques. Je répugne l’idée du bien absolu ou du mal absolu, et je cherche à explorer cet espace tant négligé entre le paradis et l’enfer.
Parfaitement trilingue et ayant accompli avec succès quatre années d’études universitaires en « anglais et relations internationales », je me suis ensuite spécialisé dans la traduction (français/anglais/arabe), m’imprégnant ainsi de trois univers littéraires aussi variés que passionnants. Abu Nizar est mon premier roman que je situe à la croisée des chemins entre ces trois mondes.