Évoquant certaines particularités de l’Afrique contemporaine, ce roman est un résultat de plus d’une décennie de sacrifice, d’isolement et de patience inespérés. Il vous plongera dans une atmosphère propre au continent noir – croyances et cultures. Des âmes reprochées objecteront que cette œuvre n’est autre qu’une ingérence, puisqu’elle s’attaque insidieusement à la mauvaise gouvernance des dirigeants africains, incitant leurs sujets à des exiles couramment périlleux.
Le second tour de force de ce roman est qu’il est porteur d’humour et d’intrigues, du début à la fin, de reproches et d’interpellations du fait de sa rhétorique, avec des accents très visibles et très compréhensibles, que le lecteur comprendra sans doute à quoi il tend à aboutir avec une simplicité des mots. Savourez également un charme poétique étant donné son style narratif, la légèreté de lire que recherche tout véritable amateur de la poésie ainsi que la particularité si rare de pouvoir se divertir en toute situation d’exile, de quelques univers que l’on soit et à quelques âges et sexe que l’on appartienne.
C’est donc à partir d’un parcours imaginaire aux drôles de périples qui ne pourrait s’effectuer ailleurs qu’en Afrique, que l’auteur est parvenu à écrire un roman universel. Dans ce cas il ne faudra pas s’étonner que ce livre fasse l’objet d’un best-seller.
Né en 1986, d’une modeste famille, Devigny emprunte le chemin d’exile en 2013, après ses pénibles études humanitaires, à la suite des troubles récurrents et l’insécurité grandissante à l’est de la République Démocratique du Congo d’où il est originaire. Bien que pétri par cette situation, il introduit demande d’asile au Burundi où il se voit octroyer le statut de réfugié et obligé de passer dix longues années dans un camp des réfugiés sous la contrainte, la nostalgie ; mais aussi un lieu des révélations et de consécration littéraire. Sa passion pour l’écriture l’avait déjà envahi vers l’âge de quinze ans à partir de son journal intime dans lequel il rédigea une cinquantaine poèmes.