L’Ombre du père s’inscrit dans la tradition du récit de filiation, à la croisée du témoignage intime, de la méditation littéraire et de la mémoire familiale. Porté par une écriture introspective, l’auteur cherche à recomposer la figure d’un père discret, silencieux, absent de la parole mais présent par la confiance et la tendresse.
Refusant toute hagiographie comme toute dévalorisation, le récit adopte un point de vue réflexif et fragmentaire, à la manière d’une mosaïque mémorielle : gestes, regards, silences, objets conservés, lieux marqués par une présence. À travers cette quête, l’auteur interroge plus largement les mécanismes de la transmission affective et symbolique, dans un contexte marqué par la pudeur masculine d’après-guerre, le silence générationnel et le déclassement social.
L’Ombre du père ne raconte pas seulement une histoire familiale, il questionne la manière dont on hérite de ce qu’on ne nous a pas dit. Il s’agit moins d’écrire sur le père que d’écrire à partir de lui, de reconstruire à travers lui une part de soi-même, d’interroger ce que l’on devient par filiation autant que par différenciation.
Né au Maroc, ancien élève de l’ENS de Saint-Cloud, agrégé de l’université, Gérard Imbert a été directeur de l’Institut français de Madrid, maître de conférences à l’université de Paris IV-Sorbonne et professeur de communication audiovisuelle à l’université Carlos-III (Madrid).
Écrivain bilingue, passionné de littérature, de théâtre et attentif aux phénomènes de société, il est l’auteur d’une douzaine d’essais, dont trois sur le cinéma, et de quatre romans publiés en France. Il réside actuellement à Madrid, où il est directeur de la salle Exlímite, espace de création et de recherches théâtrales.
Grand voyageur, en particulier en Amérique latine, au Maroc et en Espagne, il a nourri ses romans de cette expérience, à l’écoute de l’autre et sensible aux différences culturelles. L’écriture est pour lui une pratique familière, un instrument d’introspection et de connaissance de la réalité humaine.
Une maladie qui ne dit pas son nom, un personnage qui ne se résout pas à reconnaître son état, se perd dans l’activisme, Disparaître de soi décrit une lutte contre l’oubli, une tentative de résister, de sauver du désastre le présent, d’affronter dignement la dégradation. U ...