Ponctuation et espaces : les règles typographiques

Peut-être avez-vous vu que Librinova s’était associé au dictionnaire Le Robert pour proposer à ses auteurs les services du logiciel « Le Robert correcteur ». Notre objectif : vous aider à offrir aux lecteurs des livres les plus aboutis possible, écrits dans une langue quasi irréprochable. Pour vous conseiller au mieux dans cette démarche, nous avons rédigé une série d’articles relatifs aux règles typographiques qu’on ne connaît pas toujours ou qu’on a tendance à oublier. Dans cet article, nous ferons le point sur la ponctuation et les espaces.

 

Comment bien utiliser la ponctuation ?

Pour certains, la ponctuation peut passer pour une simple contrainte grammaticale : ce serait une pause obligatoire entre deux phrases ou deux propositions, une respiration, voire un vide embêtant. Nous allons tenter de prouver l’exact contraire : si la ponctuation crée bien des silences, les silences ne sont-ils pas très souvent lourds de sens ?

Rappelons d’abord quelques règles de typographie de base:

  • Le point qui termine une phrase ;
  • Le point d’exclamation qui se place en fin de phrase exclamative ;
  • Le point d’interrogation qui clôt une question ;
  • Les deux-points qui précèdent les explications ;
  • Les points de suspension, qui marquent une suppression, une interruption ou un sous-entendu.

 

 

Comment bien placer une virgule ?

La virgule est un peu compliquée à utiliser : le plus souvent, elle se substitue à une conjonction de coordination – mais, ou, et, donc, or, ni, car ; autrement, elle sépare les mots mis en répétition, ceux qui sont mis en exergue, ou isole les propositions explicatives et relatives. Une virgule n’est pas un signe de ponctuation censé séparer un sujet de son verbe, ou un verbe de son complément. Le point-virgule, lui, ne devrait être employé que dans les longues phrases déjà subdivisées par des virgules, lorsque ces virgules ne suffisent pas et que l’on tient à marquer une séparation plus importante entre deux propositions ; il suit également chaque élément d’une énumération – une liste à tirets –, sauf le dernier qui aura, bien sûr, son point final.

Voilà pour la théorie. Mais en pratique ? Vous remarquerez bien vite que ces règles de ponctuation ne suffisent pas toujours, ou même, qu’on peut leur faire deux ou trois petites entorses. Prenons par exemple :

Au cours de ce pique-nique, j’ai mangé du rôti, du pâté, du fromage, et bu un peu de vin.

Si les trois premières virgules sont autorisées – elles remplacent une conjonction –, la quatrième est normalement interdite, car redondante : on a déjà et. Mais si vous la retirez, la phrase parait un peu moins claire, un peu moins construite. Plutôt qu’une virgule banalement grammaticale, c’est en fait une virgule rythmique.

 

La ponctuation pour faire chanter son texte

Eh oui, la ponctuation est musicale. Pour simplifier un peu, imaginons qu’une syllabe correspond à un temps ; la virgule est une respiration d’une durée à peu près équivalente, un temps. Continuons : les points de suspension vaudraient alors environ quatre temps, un point vaudrait deux temps, un point-virgule un temps et demi. Allons encore plus loin : les sauts à la ligne, les sauts de ligne et les [* * *] sont aussi des manières de ponctuer le texte, de ménager de longs silences – le héros tombe dans le coma, on fait une ellipse de cinq ans, ou la narration nous emmène dans un autre lieu… Pensez à les utiliser !

Maintenant, reprenez vos phrases et posez-vous la question : lorsque je prononce ces mots, que ce soit à l’oral ou dans ma tête, est-ce que je marque des pauses ? De quelle longueur sont-elles ? L’intonation est-elle montante, descendante, plate ? Peut-être devriez-vous rajouter une virgule ou un point pour rallonger votre texte, ajouter du suspense ?

In fine, et à condition de ne pas trop en abuser, de bien la maîtriser, la ponctuation est plutôt libre. Elle dépendra du ton de l’auteur, de son livre, ou même, de chacun de ses personnages : certains auront des phrases saccadées, avec beaucoup de virgules, de points ; d’autres, plus agressifs, s’exclameront sans cesse ! Quant aux indécis et aux rêveurs, ils suspendront volontiers le temps…

 

Comment utiliser les espaces sécables/insécables ?

L’un des problèmes récurrents des manuscrits Word en matière de règles typographiques est la mauvaise utilisation des espaces. On a beau ne pas les voir, les espaces sont partout…

 

Distinguer espaces sécables et espaces insécables

L’espace sécable est l’espace standard, c’est celle que l’on retrouve le plus, tandis que l’espace insécable lie deux éléments entre eux, les empêchant, par exemple, d’être séparés par un passage à la ligne.

Problème : à l’œil nu, impossible de faire la différence, les deux sont d’une longueur formellement identique. C’est là qu’intervient une petite astuce :

1. Ouvrez Microsoft Office Word ;

2. Allez dans « Fichier » tout en haut à gauche puis dans « Options Word », « Affichage »

3. Sous l’onglet « Toujours afficher ces marques de mise en forme à l’écran », cochez « Espaces ».

Les espaces seront alors affichées sur vos documents Word – mais pas à l’impression – et apparaîtront sous deux formes distinctes : un point – « · » – pour les sécables, un petit cercle identique au symbole degré – « ° » – pour les insécables.

 

Espaces sécables vs espaces insécables : que choisir ?

Maintenant que vous pouvez distinguer l’insécable de la sécable, passons en revue les utilisations de la première :

  • L’insécable doit toujours être présente avant les points d’interrogation et d’exclamation, et précède les deux-points ainsi que les points-virgules – mais dans Word, la plupart du temps, tout cela se fait automatiquement ;
  • L’insécable se place aussi entre les chiffres et leur unité de mesure – 1°h°30, 3°000°kilomètres, etc. –, entre les noms de rois et leur numéro de règne – Louis°XIV –, bref, entre tous les termes qui deviendraient illisibles ou presque s’ils étaient séparés.
  • L’insécable se place enfin après les tirets de dialogue ou tirets cadratins ainsi qu’à l’intérieur des incises, aux côtés des tirets semi-cadratins.

Dans le reste des cas, c’est bien l’espace sécable qui s’applique.

 

Pour aller plus loin :

 → Quels usages pour les citations et dialogues ?

 → Comment écrire les nombres ?

 → Quand mettre des majuscules ?

 

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