Que pensent les éditeurs de l’utilisation de l’IA dans les manuscrits ?

Que pensent les éditeurs de l’utilisation de l’IA dans les manuscrits ?
30/07/2025
Intelligence artificielle

L’intelligence artificielle (IA) prend de plus en plus de place dans nos vies quotidiennes et son essor fulgurant transforme aussi les pratiques créatives comme l’écriture. Si certains auteurs et autrices y voient une aide précieuse pour surmonter le syndrome de la page blanche ou améliorer leur style, les maisons d’édition, elles, affichent une grande prudence, voire une franche méfiance. Vous avez fait usage de l’IA dans votre manuscrit (ou comptez le faire) et souhaitez l’envoyer à une ME ? Voyons ensemble la posture des éditeurs à ce sujet, et les pratiques à éviter en tant qu’auteur !

Un rejet quasi unanime des manuscrits générés par IA

De nombreuses maisons d’édition, grandes ou indépendantes, ont adopté des protocoles de détection des textes rédigés par intelligence artificielle et n’hésitent plus à refuser d’emblée les manuscrits suspects. Pourquoi ? L’écriture générée par IA tend à lisser le style, le rend moins personnel et donc moins humain. À choisir, il est bien plus agréable de lire un manuscrit comprenant des fautes et des ruptures grammaticales qu’un texte réécrit par l’IA ! L’intelligence artificielle supprime les aspérités qui font l’originalité d’une plume, standardise les tournures et gomme souvent l’émotion.

Les signes qui ne trompent pas

Les éditeurs sont désormais formés à repérer les signes caractéristiques d’un manuscrit « artificiel ».

Sur le fond et sur la forme

Sur le fond, les scènes rédigées par une IA manquent souvent d’évolution réelle, l’intrigue tourne en rond ou avance sans tension dramatique. Les idées sont peu originales et le propos se répète d’un chapitre à l’autre comme si l’on souhaitait avoir la certitude d’être compris. Les enjeux sont souvent sur-explicités sans aucune subtilité, comme si le lecteur n’était pas capable de les deviner !

Sur la forme, l’IA use et abuse des listes (qui peuvent s’envisager dans un texte pratique, mais pas dans un roman). L’absence d’émotion est aussi un marqueur fort d’une écriture IA : le « show don’t tell », l’IA ne connaît pas ! Elle explique ce qui se passe plutôt que de le montrer ou le faire ressentir au lecteur. Les structures grammaticales sont redondantes (participes présents en cascade, tournures plates répétitives…) et les dialogues figés. Bref, on a une écriture mécanique et factuelle qui manque d’élan et de précision : rien qui puisse séduire un éditeur !

Le cas des essais et guides pratiques

Pour les écrits de non-fiction, les auteurs s’exposent à plusieurs risques. D’abord, l’IA se contente bien souvent de plaquer des recherches Google dans le manuscrit sans vérifier au préalable que :

  • les informations sont justes ;
  • les sources existent réellement (ChatGPT adore inventer des sources, des noms et des statistiques !).

Le contenu peut donc être erroné, voire dangereux sur des sujets médicaux ou juridiques. L’intelligence artificielle ne sait pas distinguer le pertinent de l’accessoire et a souvent tendance à adopter un propos consensuel.

Enfin, vous risquez surtout de reproduire les biais cognitifs de l’IA (racisme, discrimination, fake news…) si vous n’abordez pas les informations avec le recul critique nécessaire. Bref, un cocktail explosif, tant pour la crédibilité du texte que pour les risques juridiques encourus, notamment si le lecteur suit de mauvais conseils.

Une utilisation tolérée de l’IA pour s’inspirer, reformuler ou corriger

Cela dit, l’intelligence artificielle ne doit pas pour autant être bannie complètement de votre processus d’écriture. Son usage peut être toléré si on s’en sert comme d’un outil, du moment que l’auteur ou l’autrice reste à la manœuvre. D’ailleurs, vous utilisez déjà peut-être l’IA sans le savoir, sous la forme d’un correcteur orthographique comme Antidote ou Scribens.

Au stade de l’écriture (ou de la réécriture), l’IA peut s’avérer utile pour :

  • reformuler une phrase maladroite ou trop lourde ;
  • enrichir son vocabulaire en cherchant des synonymes ou autres expressions ;
  • trouver une description rapide pour un lieu, un objet, un personnage ;
  • corriger des fautes de style ou d’orthographe ;
  • brainstormer sur des scènes, des personnages ou des rebondissements pour débloquer votre écriture ou votre intrigue.

 

Dans tous les cas, l’intelligence artificielle ne doit jamais vous remplacer pour le travail d’écriture en lui-même. L’auteur ou l’autrice, c’est vous ! On vous recommande donc de ne jamais déléguer la rédaction d’un chapitre (encore moins d’un manuscrit entier) à ChatGPT, Claude ou autre IA conversationnelle.

Lorsque vous utilisez des informations générées, vous devez absolument vous les réapproprier et les réécrire afin de conserver votre voix et votre style. Et, bien entendu, vérifiez plutôt deux fois qu’une les données, dates, citations et références suggérées : l’IA n’aime pas rester sans réponse et n’hésite pas à inventer des informations si elles n’existent pas !

 

Dans le monde littéraire et créatif, l’intelligence artificielle peine à convaincre et de nombreux auteurs et autrices la rejettent d’emblée, tout comme les maisons d’édition. Elle menace ce qui fait la force d’un bon manuscrit : la voix d’un être humain qui cherche à dire quelque chose d’unique. Pour autant, elle n’est pas sans intérêt pour améliorer son écriture, en restant dans une logique d’assistance technique. Utilisez donc l’IA, si vous le souhaitez, à bon escient, pas pour écrire à votre place, mais pour aller plus loin, en restant maître de vos choix narratifs et de vos mots. Et une fois votre manuscrit peaufiné, Librinova peut vous aider à trouver un éditeur qui vous correspond !