Uchronie, Space Opera, Cyberpunk… : quels sont les sous-genres de la science-fiction ?

Uchronie, Space Opera, Cyberpunk… : quels sont les sous-genres de la science-fiction ?
13/05/2026
Actualités du livre

Si vous demandez à votre libraire favori une recommandation au rayon science-fiction, celui-ci vous répondra certainement : « Une envie ? Post-Apocalyptique ? Cyberpunk ? Space Opera ? » Et oui, à l’intérieur du genre littéraire et cinématographique « qui invente des mondes, des sociétés et des êtres situés dans des espaces-temps fictifs souvent futurs, impliquant des sciences, des technologies et des situations radicalement différentes » (Larousse), des sous-genres très différents cohabitent. Et des auteurs de renom : de Jules Verne à Frank Herbert en passant par Arthur C. Clarke ! Librinova, agence française experte de l’auto-édition, s’intéresse aujourd’hui à ces univers riches qui font la part belle aux sciences et à l’imagination.

    En quelques titres:

  1. L’extrapolation des données de la science ou de la technologie
  2. L’uchronie, ou la réécriture du passé
  3. La dystopie, ou l’antithèse de l’utopie
  4. Hard Science, ou l’art de la précision scientifique
  5. Le Space Opera (feuilleton spatial)
  6. Le post-apocalyptique, le monde après la catastrophe
  7. Le Cyberpunk et ses sociétés technologiquement avancées
  8. La science-fiction féministe
  9. Le Steampunk, un XIXe siècle version futuriste
  10. La Climate Fiction, ou Cli-Fi

L’extrapolation des données de la science ou de la technologie

Apparu en 1851 sous la plume de William Wilson, le terme « science-fiction » qualifie le courant littéraire né en réaction au naturalisme d’Emile Zola qui prônait alors une représentation exacte et scientifique du réel. Parmi les ouvrages de science-fiction les plus connus, citons Fondation d’Isaac Asimov, 2001 : l’Odyssée de l’espace d’Arthur C. Clarke ou encore 1984 de Georges Orwell : des œuvres hétéroclites qui ont pour point commun de « décrire un état du monde en extrapolant les données de la science ou de la technologie » (Le Robert). En effet, l’aspect scientifique est le dénominateur commun de toutes les sous-catégories : qu’il s’agisse de sciences dures (chimie, biologie, astronomie…), humaines (histoire, psychologie, ethnologie…) ou sociales (sociologie, économie…). Les sous-genres mentionnés ci-dessous ne sont pas incompatibles, bien au contraire ! La plupart du temps, ils se mélangent et se complètent, offrant aux lecteurs de science-fiction un panel d’aventures extrêmement large.

L’uchronie, ou la réécriture du passé

Selon le dictionnaire de l’Académie française, une uchronie est une « œuvre dans laquelle certains faits du passé sont volontairement modifiés, de façon à pouvoir envisager l’histoire non pas telle qu’elle a été, mais telle qu’elle aurait pu être, le plus souvent dans un but philosophique, politique ou moral. » En 1836, Louis Geoffroy publie ainsi Napoléon et la Conquête du monde / Napoléon apocryphe, qui explorent un monde où l’Empereur remporte la campagne de Russie, conquiert l’Angleterre puis le monde entier.

Parmi les exemples d’uchronies incontournables : Le Maître du Haut Château de Philip K. Dick qui fait l’état des lieux du monde, quinze ans après une Seconde Guerre Mondiale remportée par l’Allemagne, le Japon et l’Italie ou La Part de l’autre d’Éric-Emmanuel Schmitt qui s’interroge sur le destin qu’aurait pu avoir Adolf Hitler après son admission aux Beaux-Arts de Vienne (il en avait, en réalité, été recalé en 1908).

Citons aussi : Il est midi dans le siècle, de Michel-Antoine Burnier ;  La Patrouille du temps, de Poul Anderson, Roma Aeterna de Robert Silverberg ou encore Le Complot contre l’Amérique de Philip Roth.

La dystopie, ou l’antithèse de l’utopie

Il est courant de confondre uchronie et dystopie. La dystopie qui signifie étymologiquement « lieu mauvais » est définie par Le Robert comme un « récit de fiction qui décrit un monde utopique sombre ».

À noter que, de manière générale, la dystopie n’est pas considérée comme un simple sous-genre de la science-fiction mais comme un genre littéraire à part entière. Il est vrai en revanche que nombre de romans dystopiques relèvent de la science-fiction.

La plus célèbre : 1984 de Georges Orwell. Citons aussi La guerre des Mondes et La Machine à explorer le temps d’H.G. Wells ; La Servante écarlate de Margaret Atwood, Fahrenheit 451 de Ray Bradbury ou encore les célèbres Hunger Games de Suzanne Collins.

Hard Science, ou l’art de la précision scientifique

« La narration se doit d’être à la fois précise, crédible et rigoureusement en accord avec le savoir scientifique et technique de l’époque de parution du livre », développe le site littéraire Babelio au sujet du sous-genre intitulé « hard science ». La physique, la technologie (les machines) ou encore l’exploration spatiale sont les thèmes que l’on retrouve principalement.

Là-encore, des livres incontournables trustent le top des listes de lecture. 2001 : l’Odyssée de l’espace d’Arthur C. Clarke ou Seul sur Mars d’Andy Weir, tous deux adaptés au cinéma par  Stanley Kubrick et Ridley Scott ; Rendez-vous avec Rama du premier auteur ou encore Le Problème à trois corps de Liu Cixin.

Le Space Opera (feuilleton spatial)

Dune de Frank Herbert ou la saga Star Wars sont des Space Opera connus dans le monde entier. La définition du Robert est la suivante : « Œuvre de science-fiction caractérisée par une intrigue se déroulant sur un temps considérable et située dans l’espace sidéral. » Les conquêtes spatiales ou les guerres intergalactiques à grande échelle sont ainsi à l’honneur dans ce sous-genre qui regroupe notamment Fondation d’Isaac Asimov ; Le cycle d’Hypérion de Dan Simmons ou Le cycle d’Ender d’Orson Scott Card.

Dans ce cas précis, les œuvres sont à mi-chemin entre la science-fiction et la fantasy. Le terme de Space Fantasy est aussi employé.

Le post-apocalyptique, le monde après la catastrophe

Le nom donné à ce sous-genre est explicite. Dans les récits post-apocalyptiques, les lecteurs découvrent un monde après une catastrophe ayant anéanti la civilisation. « Guerre nucléaire, épidémie, collision avec une météorite, catastrophes naturelles, zombies… » sont autant de points de départ possible, comme le rappelle Babelio.

Parmi les œuvres incontournables : Je suis une légende de Richard Matheson ; La route de Cormac Mccarthy ; Métro 2033 de Dmitry Glukhovsky ou Malevil de Robert Merle.

Le Cyberpunk et ses sociétés technologiquement avancées

Derrière ce terme se cache la contraction de « cybernétique » et « punk ». Bruce Sterling, écrivain et l’un des pères du sous-genre l’avait défini ainsi : « le courant provient d’un univers où le dingue d’informatique et le rocker se rejoignent, d’un bouillon de culture où les tortillements des chaînes génétiques s’imbriquent ». Parmi son impressionnante bibliographie, citons Mozart en verres miroirs et Schismatrice +.

Difficile de ne pas évoquer aussi le classique fondateur Neuromancien de William Gibson ; Carbone modifié de Richard Morgan ou Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques de Philip K. Dick.

La science-fiction féministe

Questionner le genre et les inégalités dans un monde qui n’est pas réel est l’ambition de la science-fiction féministe, résolument politique. L’imaginaire est un genre privilégié pour traiter des grands thèmes féministes. La dystopie de Margaret Atwood, La Servante Écarlate, en est le parfait exemple ! Parmi les autres œuvres fondatrices : L’autre moitié de l’homme de Joanna Russ, La main gauche de la nuit d’Ursula Le Guin ou Le pouvoir de Naomi Alderman qui dépeint une société où les femmes peuvent infliger une douleur fulgurante du bout des doigts.

Le Steampunk, un XIXe siècle version futuriste

Steam signifie « vapeur » en anglais. Et c’est bien de l’énergie dont on parle ici ! Derrière ce mot se cache donc un cadre narratif clair. Le sous-genre regroupe les œuvres qui se déroulent du temps où la vapeur était l’énergie prédominante dans l’industrie. Direction l’ère victorienne en Grande-Bretagne, par exemple ! À ce cadre narratif strict s’ajoutent bien entendu des éléments classiques de science-fiction.

Côté références : La Machine à différences de William Gibson et Bruce Sterling ; La Machine à explorer l’espace de Christopher Priest ; L’Instinct de l’équarrisseur de Thomas Day ; ou Bohème de Mathieu Gaborit.

La Climate Fiction, ou Cli-Fi

Ici, il est question du changement climatique et de ses conséquences sur la planète. « Le label « cli-fi » proprement dit s’applique à des fictions où le dérèglement du climat est anthropogénique, c’est-à-dire causé par l’humanité, ou plus directement lié aux activités humaines », précise un article publié sur La Vie des Idées.

Côté lectures ? La Mère des tempêtes de John Barnes, Le dernier homme de Margaret Atwood ou  Le Poids de la neige de Christian Guay-Poliquin.

Si la science-fiction a toujours été considérée comme un genre « pessimiste », une nouvelle tendance se dessine ces dernières années. En effet, l’utopie (ou la représentation d’une société idéale) est de plus en plus utilisée pour contester la société actuelle. En d’autres termes : et si c’était mieux demain ? Et comment ? Le Hopepunk repose par exemple sur l’espoir et des personnages combatifs et optimistes ; le Solarpunk, lui, met en avant des mondes où la transition écologique a été réussie !

 

La science-fiction est un genre qui inspire les auteurs et autrices ayant choisi l’auto-édition et Librinova ! Dans notre librairie en ligne, près de deux cents ouvrages  sont à découvrir. Qui sait, votre prochain coup de cœur est peut-être à portée de clic ?